suivi de Deux RegretsAlors qu'il combat sur une plage du Danemark lors de la seconde guerre mondiale, Holger Carlsen, un américain d'origine danoise, se retrouve projeté dans un monde médiéval étrange. Il y découvre un destrier, une armure et des armes qui semblent n'attendre que lui. S'étant équipé, il part à la recherche de quelqu'un susceptible de lui expliquer où il se trouve et mieux encore, comment il peut retourner chez lui. C'est ainsi qu'il trouve sur son chemin une sorcière qui lui suggère d'aller voir le duc Alfric, un seigneur de Faerie, le royaume magique voisin. Elle lui fournit même un guide, Hugi le nain. Sur la route ils rencontrent Alianora, une belle jeune fille qui possède le pouvoir de se transformer en cygne. Elle décide de les accompagner. Commencent alors pour Holger une série d'aventures d'autant plus étonnantes qu'on semble le prendre pour un autre.
Je le dis souvent, mais c'est vrai, les romans ayant pour sujet une (ou des) personne(s) propulsé(s) dans un monde parallèle sont légions. En même temps, Anderson a publié ce livre pour la première fois en 1961. Et à cette époque-là, nul doute que ce genre était nettement moins développé. Oublions donc le côté faussement réchauffé de l'histoire. Il nous reste un récit que son style rend particulièrement facile et agréable à lire. La raison est sans doute a chercher du côté de la traduction qui a été révisée pour cette édition.
L'histoire en elle même est malheureusement assez décousue. Un bon nombre de chapitres peuvent tout à fait passer pour des nouvelles. D'autant que souvent, leur retrait de la trame générale n'aurait probablement pas nuit à l'intégrité de l'ensemble. Plus ennuyeux, beaucoup des aventures narrées dans certains chapitres ne trouvent pas réellement de conclusion satisfaisante. Certains personnages disparaissent alors qu'on s'attendait à leur voir jouer un rôle plus important. On parle beaucoup de personnages célèbres, réels ou imaginaires, mais sans les croiser. Il en est ainsi de Charlemagne ou d'Arthur. A peine croise-t-on une Morgane assez fade. Les épisodes s'enchainent donc comme des perles sur un collier. Aucune ne brille d'un éclat particulier. Les combats se suivent, mettant aux prises le héros avec une galerie de monstres classiques : zombie, loup-garou, géant, troll.
Au final, rien de bien palpitant.
A la suite du roman, on peut lire deux nouvelles assez courtes, en particulier la première. Elles se déroulent toutes les deux dans le même univers. Une auberge qui se déplace à travers le temps et les univers parallèles, accueille régulièrement des personnalités. C'est ainsi que le narrateur y croise : Léonard de Vinci, Einstein, Villon, Winston Churchill ... et bien d'autres. Là encore, Anderson papillonne d'un personnage à l'autre sans vraiment se fixer. Dommage car l'idée était bonne et l'ambiance assez magique.













