jeudi 16 février 2017

Au bonheur des ogres - Daniel Pennac

Résumé :
Benjamin Malaussène a un drôle de métier : bouc émissaire au service réclamations d'un grand magasin parisien où il est chargé d'apitoyer les clients grincheux.
Une bombe, puis deux, explosent dans le magasin. Benjamin est le suspect numéro un de cette vague d'attentats aveugles. Attentats ? Aveugles ? Et s'il n'y avait que ça !

Quand on est l'aîné, il faut aussi survivre aux tribulations de sa tumultueuse famille: la douce Clara qui photographie comme elle respire, Thérèse l'extralucide, Louna l'amoureuse, Jérémy le curieux, le Petit rêveur, la maman et ses amants...

Le tout sous les yeux de Julius, le chien épileptique, et de Tante Julia, journaliste volcanique. 

Il était temps, plus de trente ans après sa parution, que je lise le premier roman de cette saga devenue culte. En même temps, j'étais pas obligé non plus, c'est Pennac lui-même qui le dit (dans son essai : Comme un roman). Alors !
Mais bon, je l'ai attaqué sans me forcer. Et j'avoue que bien m'en a pris.
Je dois tout de même reconnaître que j'ai été bien vite étonné de la tournure que prenait le roman. Dans mon esprit et pour le peu que j'en savais, j'avais affaire à une saga familiale tout ce qu'il y a de plus classique racontant, du moins l'imaginais-je ainsi, les aventures d'un père et d'une mère, de leurs enfants, de grand-parents aussi, pourquoi pas, de cousins, de cousines, que sais-je encore ? Bah non. Ou du moins pas que. Et déjà pas une famille ordinaire. Une fratrie en réalité faite de demi-frères et de demi-sœurs, plus spécifiquement de frères et sœurs utérins. 
Cette tribu partage le même logement (à l'exception d'une sœur) et va de l’aîné, Benjamin, le narrateur, adulte et déjà dans la vie active au Petit, le dernier en date, encore à l'école primaire. L'auteur ne livre d'ailleurs aucune indication explicite sur l'âge des personnages ce qui nous permet de laisser libre court à notre imagination dans ce domaine.
Donc, de famille, il en est question, évidemment. Mais une autre facette du roman, et pas la moindre, se fait très vite jour. Et je veux parler de l'aspect policier de l'histoire et qui est davantage qu'un élément cosmétique, accessoire. De fait, une enquête est menée qui devient vite  l'ossature même du récit. Et il faut se rendre à l'évidence, nous avons affaire à un roman policier. Sans l'ombre d'un doute. Avec même des policiers dedans.
Le tout est écrit dans un style enlevé, alerte, agréable et le ton est léger, drôle. Impossible pour moi de ne pas voir d'analogie avec la façon d'écrire d'un Frédéric Dard. Même si le vocabulaire est moins argotique, il emprunte, ici et là quelques mots de la langue verte du plus jubilatoire effet. C'est aussi truculent qu'un bon San Antonio. J'ajoute que les personnages sont très attachants, et en particulier, toute la petite famille.
Inutile de vous dire que je suis sous le charme et que la suite des aventures de Benjamin Malaussène va rapidement défiler.  

Excellent. 

7 commentaires:

  1. Je t'avais dit que c'était bien !!! Les Malaussène sont indispensables ... LOL

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    1. Juste petite précision : les âges de la fratrie sont donnés par Pennac mais c'est vrai qu'il faut être très attentif car ces précisions sont "subtiles" ... ;-)

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    2. Et, las, je ne suis guère subtil :oD

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  2. C'est très très bien la saga Malaussène. Après j'avoue avoir une nette préférence pour les 3 premiers, surtout la Fée carabine. C'est le premier que j'ai lu, il m'a un peu traumatisé !
    Après ça commence à partir un peu en live (enfin encore plus en live que d'habitude). C'est pour ça que je ne me suis pas jetée sur cette nouvelle aventure qui vient de sortir d'ailleurs...

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    1. Je vais voir ça, mais il ne faudrait pas que ça parte trop en live non plus, en effet.

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  3. Il faudrait vraiment que je lise ce classique aussi, un jour !

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    1. Je sais qu'on en est tous là : avoir à lire 3257 livres, au bas mot, mais malgré tout, mettre la famille Malaussène en début de pile ne me semble pas être une mauvaise idée ;o)

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