dimanche 9 avril 2017

Aveu de faiblesses - Frédéric Viguier

Résumé :
« Je suis laid, depuis le début. On me dit que je ressemble à ma mère, qu’on a le même nez. Mais ma mère, je la trouve belle. »
Ressources inhumaines, critique implacable de notre société, a imposé le ton froid et cruel de Frédéric Viguier dont le premier roman se faisait l’écho d’une « humanité déshumanisée ». On retrouve son univers glaçant et sombre, qui emprunte tout à la fois au cinéma radical de Bruno Dumont et au roman social. Mais au drame d’un bourg désindustrialisé du nord de la France, Frédéric Viguier ajoute le suspense d’un roman noir. Dès lors, l’histoire d’Yvan, un adolescent moqué pour sa laideur et sa différence, accusé du meurtre de son petit voisin, prend une tournure inattendue. 

Ce second roman de Frédéric Viguier est une sorte de roman noir social. Roman noir parce qu'on y suit le calvaire d'Yvan, un jeune homme accusé de meurtre et social parce que l'auteur nous ramène constamment à la description de ce petit village du nord, aux quartiers bien séparés. Et même physiquement séparés. Les riches d'un côté, les pauvres de l'autre.
Yvan habite non seulement le village, proprement dit, c'est à dire le côté des humbles, mais en plus il est, si on en croit sa propre description : gros, laid, sans amis. Inutile de dire que lorsqu'il est suspecté du meurtre de l'un de ses petits voisins puis arrêté, on ne peut s'empêcher de penser que le sort s'acharne sur lui.
Lorsqu'on est, comme moi, viscéralement opposé à toute forme d'injustice, on s'indigne très vite de l'attitude inhumaine de la machine policière et judiciaire, jusqu'à en avoir quasiment des douleurs abdominales (bon, j'exagère peut-être un peu). Que ce soit le policier qui voit en Yvan le suspect idéal et qui n'aura de cesse d'obtenir ses aveux, le juge qui est trop content de se voir amener un coupable sur un plateau, l'avocat qui ne croit même pas à l'innocence de son client et Yvan lui-même, par son apathie, sa naïveté, tout contribue à l'incarcération du garçon. 
Une incarcération qui ne se passe pas si mal, tout compte fait, Frédéric Viguier n'ayant pas jugé nécessaire de charger une administration qui est déjà la cible de bon nombre d'auteurs. Mais comme le disait si bien ma prof de philo, visiteuse de prison, même avec tout le confort imaginable (confort relatif, s'entend) le pire dans la prison reste, bien évidemment, l'enfermement, l'absence de liberté de mouvement. En tout cas, pour Yvan, garçon peu exigeant, tout se passe au mieux.
S'ensuivront quelques rebondissements bien vus et ce, jusqu'à la toute dernière ligne qui nous délivre une fin, somme toute prévisible, mais pas mal décoiffante quand même.
Le tout est écrit dans un style extrêmement agréable à lire et les pages défilent à un rythme endiablé. Le roman est court, ce qui fait une raison supplémentaire, s'il en fallait une, pour le lire séance tenante. Et pendant que vous lisez celui-ci, moi j'attaque le premier : Ressources inhumaines. Parce que quand on tient un tel auteur, on ne le lâche pas.

Excellent.

2 commentaires:

  1. Tout à fait d'accord ! J'ai beaucoup aimé moi aussi ! Je découvre ton blog et note plusieurs titres... Merci !

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    1. Bienvenue à toi Le marque-page. Fouille, furète, ce blog est fait pour ça. Je vais jeter un coup d’œil au tien :)

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