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samedi 21 septembre 2019

Le Train Bleu - Agatha Christie

Résumé :

Macabre découverte à bord du fameux " train bleu " qui mène vers la Riviera les riches vacanciers : Ruth Kettering, la fille du milliardaire américain Van Aldin, a été assassinée dans son compartiment.

Fuyant son mari avec qui elle ne s'entendait plus, elle allait rejoindre le comte de La Roche, loin de se douter que ce séduisant personnage était très surveillé par la police. Or le somptueux collier offert à la jeune femme par son père, et dont le plus gros rubis est le célèbre "Cœur de feu," a disparu...
Mais pourquoi, s'il ne s'agissait que de dérober le joyau, avoir eu le raffinement morbide de défigurer la victime ? C'est ce détail qui va conduire Hercule Poirot à éliminer les suspects les plus évidents...

Autant le dire, ce roman sort de l'ordinaire et ce à plus d'un titre. D'abord et c'est sans doute l'élément le plus important, car de lui découle tout le reste, il n'est pas raconté par Hastings. Hastings qui suit le célèbre détective belge comme son ombre, habituellement. Du coup, l'histoire n'est plus autant centrée sur Poirot qu'à l'accoutumée. D'ailleurs notre enquêteur préféré n’apparaît que très tard dans le récit. De plus, il est seul, sans son habituel acolyte, comme je l'ai indiqué. L'autrice a donc eu l'idée de lui adjoindre une compagne de route et d'enquête temporaire mais qui ne parvient jamais tout à fait à remplacer dans notre esprit le brave capitaine. Malgré tout, ce personnage de plus tout à fait jeune femme, de condition modeste, qui voit sa situation sociale s'améliorer en très peu de temps sans que la tête lui tourne, est très sympathique.
Quant à Poirot, il est plus facétieux qu'à l'accoutumée. Il lui arrive même d'être un peu cruel avec certains des suspects pour mieux découvrir la vérité. Autre conséquence de ne pas avoir Hastings à "l'écriture", c'est que l'histoire nous est contée par un narrateur omniscient, et que, de ce fait, les pistes que suit le détective sont moins mystérieuse qu'à l'habitude. On sait à quel point Poirot aime faire des cachotteries à son ami Hastings. Ici les agissements de l'enquêteur sont donc moins chargés de mystère pour le lecteur, mais rassurons-nous, cela ne rend pas les choses plus faciles à comprendre.
Autre particularité de ce roman, c'est le nombre de personnages et partant, le nombre de suspects. Difficile dès lors de trouver le ou la coupable, et c'est ce qui rend la lecture encore plus intéressante.
J'ajoute que le crime a lieu dans un train, l'un des lieux de choix pour servir de décor à ce genre de récit car l'isolement, même temporaire, des protagonistes permet de limiter le nombre des suspects sans pour autant faciliter l'enquête. Agatha Christie en a largement usé dans son oeuvre, pour notre plus grand plaisir. Trains, mais aussi bateaux, avions, îles, demeures isolées...
Un très bon Poirot donc, et qui fait partie, sans nul doute, de mes favoris.

Très bon

mardi 6 août 2019

La Maison du Péril - Agatha Christie

Résumé :

Un lourd tableau qui se décroche à la tête d'un lit. Un rocher qui dévale une falaise et s'écrase sur le sentier.
Les freins d'une voiture qui lâchent dans une descente... Et pour finir, une balle perdue qui vient se loger dans un chapeau !
Pour Hercule Poirot, en villégiature sur la cote sud de l'Angleterre, il n'y a guère de doute : on en veut à la vie de la ravissante Miss Buckley, héritière d'une villa délabrée du voisinage. Même si l'intéressée ouvre de grands yeux, se demandant qui peut bien lui en vouloir.
L'assassinat de sa cousine, qu'on a manifestement confondue avec elle, obligera Miss Buckley à prendre au sérieux les craintes du détective. Lequel n'aura de cesse de démasquer le coupable. Mais seule une très savante mise en scène lui permettra d'y parvenir. Et la surprise sera de taille...

— Voilà ce qui est tombé sur la terrasse, il y a un instant, lorsque nous parlions. Une balle perdue !
— Hein ?
— Deux centimètres de plus et la tête aurait été percée du même trou que le feutre ; vous comprenez maintenant, je suppose, l’intérêt que je porte à cette jeune fille et à son chapeau ?
« Avouons que ce préposé au crime ne manque pas d’audace en visant sa victime à quinze mètres d’Hercule Poirot ! Ce défi ne lui portera pas chance. Maintenant, entrons à «La Maison du Péril» et entretenons-nous avec Miss Nick. Le plus tôt sera le mieux, Hastings. N’a-t-elle pas dit qu’en trois jours elle avait trois fois échappé à la mort ? Le danger est proche.

C'est la troisième fois que j'entreprends la lecture des œuvres de la Reine du polar britannique. J'avais découvert cette fameuse et fabuleuse collection de romans et nouvelles adolescent et j'avais alors lu déjà bon nombre des titres. Quelques vingt ans plus tard, je me lançais à nouveau à l'aventure. Et c'est presque vingt ans après, une nouvelle fois, que je me replonge dans les enquêtes d'Hercule Poirot (essentiellement). Serais-je encore de ce monde pour prendre plaisir à voir s'agiter les petites cellules grises du détective belge dans vingt autres années ? Je me le souhaite.
Pour l'anecdote, si j'ai commencé cette fois par La Maison du Péril, c'est que je louais une chambre d'hôtes dans une splendide demeure à Dinard qui surplombait la mer. Tout comme dans le roman, ameublement et décoration inclus. J'étais dedans.
La première chose qui me frappait, à peine commencé la lecture, ce fut la nature des personnages. Tous, ou peu s'en faut, sont des jeunes gens et jeunes femmes de la haute société, oisifs, cela va sans dire et qui passent leur journée à boire des verres à la terrasse des palaces, jouer au tennis ou au golf, bronzer au soleil, donner des fêtes, toutes activités qui, on l'admettra volontiers sont plutôt pénibles. Bon, ce n'était pas une découverte, bien sûr. Je sais bien qu'Agatha Christie n'a mis essentiellement en scène que des gens de cette catégorie sociale. Mais voilà, ce coup-ci, ça m'a agacé. Un peu. Pas trop. Après tout, l'étude de cette partie de la population n'a pas moins d'intérêt que celle des ouvriers dont s'est occupé en son temps un certain Émile Zola, pour ne citer que lui.
Mais je m'égare. Les personnages m'agacent, d'accord, mais il n'en reste pas moins vrai que l'enquête que mène Hercule Poirot est passionnante à souhait. Comme souvent, mais c'est ce qui fait le charme des récits d'Agatha Christie, le nombre des suspects est limité et les soupçons se portent sur chacun d'entre eux. Nous sommes en terrain connu. Et on cherche, aidé par les indices que dévoile notre fameux détective, l'identité du coupable. J'ai une triste habitude, c'est celle d'oublier très vite ce que je lis. Autant dire que dans ce cas précis, cela devient une bénédiction car je n'ai pas la moindre idée de la vérité.
Un très bon Poirot que je vous invite à déguster.

Très bon