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lundi 2 juillet 2012

La Cabane de l'Aiguilleur - Robert Charles Wilson

Science-Fiction
Quatrième de couverture :
A la mort de sa mère, Travis Fisher est recueilli par sa tante, Liza Burack, à Haute Montagne. Malgré la Grande Dépression, la vie y est simple, rythmée par le travail à la fabrique de glace, les sermons à l’église baptiste et les sorties avec Nancy Wilcox. Travis en viendrait presque à oublier son statut d’inadapté.
Mais il y a la mystérieuse Anna Blaise, elle aussi hébergée par les Burack. Qui est-elle vraiment ? Quel secret cache-t-elle dans sa chambre systématiquement close ?

La Cabane de l'Aiguilleur est le premier roman de Wilson. Et on y découvre déjà ce qui fera la signature littéraire de l'auteur : des personnages attachants, simples dans leur humanité. Mais le traitement qu'en fait l'écrivain est très complexe. Aucun des états d'âme des personnages ne nous sera caché. L'idée d'avoir situé l'action en pleine dépression est forte et originale. Et on pourrait se croire plongé par instants dans un roman de John Steinbeck. D'autant que les personnages d'Anna et L'Os ne sont pas sans évoquer (avec un peu d'imagination) ceux de Georges et Lennie du roman Des Souris et des Hommes. Le côté Science-Fiction n'est pas particulièrement appuyé et on peut avoir l'impression, dans de longs passages, d'être en train de lire un récit de littérature classique. Ce qu'il faut prendre comme un compliment dans ma bouche, bien évidemment.
À lire donc pour passer un agréable moment.

jeudi 9 septembre 2010

Blind Lake - Robert Charles Wilson

Présentation de l'éditeur
Utilisant une technologie quantique qu'ils ne comprennent pas totalement, les scientifiques des complexes de Crossbank et Blind Lake observent des planètes extraterrestres distantes de la Terre de plusieurs dizaines d'années-lumière. A Blind Lake, Minnesota, Marguerite Hauser s'intéresse tout particulièrement à un extraterrestre qu'elle appelle "le Sujet ", mais que tout le monde surnomme "le homard", à cause de sa morphologie. Et voilà qu'un jour, personne ne sait pourquoi, le Sujet entreprend un pèlerinage qui pourrait bien lui être fatal. Au même moment, l'armée américaine boucle Blind Lake et instaure une quarantaine qui tourne à la tragédie quand un couple qui tentait de s'échapper en voiture est massacré par des drones de combat. Que se passe-t-il à Blind Lake ?

Voici le sixième roman de Wilson que je lis. Toujours à peu près dans l'ordre chronologique ( j'ai dû louper Bios ). Tout ce chemin devant me mener, inexorablement, vers Spin, considéré comme un chef d'œuvre. Six romans : on pourrait penser que je suis un fan de l'auteur. Eh bien, ce n'est pas tout à fait exact. Ce n'est pas entièrement faux non plus. Mais le fait est qu'aucun de ses romans que j'ai lu ne m'a semblé irrémédiablement nul. En revanche, un seul, il est vrai, à entièrement emporté mon adhésion jusqu'à aujourd'hui : Les Chronolithes.
Les romans de Wilson révèlent tous les mêmes qualités, mais bien souvent, hélas, les mêmes défauts. Des personnages ciselés avec précision et, oserai-je dire, avec amour. Et tant mieux, parce que j'apprécie vraiment ça. Par contre, des histoires démarrant le plus souvent sur une bonne idée mais qui ne tiennent pas toujours leurs promesses.
Alors, qu'en est-il de Blind Lake ? Côté personnages nous sommes plutôt servis. À chaque livre, Wilson s'améliore encore un peu plus dans ses peintures. Même les personnages secondaires bénéficient d'un traitement particulièrement soigné. Là où d'autres écrivains racontent une histoire qu'ils peuplent de personnages, Wilson nous parle de personnages qui font une histoire. Dans ce roman, l'auteur se rapproche plus que jamais, de mon point de vue, de Stephen King. Des personnages issus de la middle class et confrontés à des problèmes d'une banalité confondante mais tellement proches des propres préoccupations du lecteur lambda. On y aborde des sujets comme : le divorce, la garde des enfants, les violences conjugales, les rapports conflictuels patron-employé, la réussite sociale ... tous thèmes que n'aurait pas désavoués le maître du suspense. Mais là où King nous gratifie à chaque roman d'une histoire solide, horrible à souhaits, Wilson se montre beaucoup plus discret dans la partie relevant purement du domaine de la Sience-Fiction.
L'essentiel de l'intrigue tourne autour d'un genre de télescopes d'une nouvelle génération dont nous ne comprendrons jamais tout à fait le fonctionnement. Bon, en même temps, même ceux qui l'utilisent ignorent comment cela fonctionne exactement. Le fait est que le système permet de voir ce qui se déroule sur des planètes situées à des années lumière de la Terre. Et en particulier les faits et gestes d'une créature extra-terrestre, le Sujet. Mais tout ceci est finalement réduit à une toile de fond, un décor.
La vraie grande aventure du roman, c'est la mise en quarantaine de toute la ville de Blind Lake, cité bâtie de toutes pièces autour de l'observatoire. Avec comme lancinante question, tout le temps du blocus : pourquoi ?
Parce que l'isolement est complet. Plus de communication, entrante ou sortante, avec l'extérieur. Plus personne n'entre et plus personne ne sort. Ceux qui tentent de sortir sont impitoyablement abattus par des drones minuscules mais meurtriers qui entourent la ville. Et le blocus s'éternise. Durant des jours, des semaines, des mois. Et c'est d'ailleurs l'un des défauts du roman. On n'arrive pas à croire totalement à cette quarantaine. Du moins, on ne parvient pas à imaginer que cela se passe aussi tranquillement. Il n'est jamais question d'émeute ou ne serait-ce que d'une certaine nervosité de la population. Tout juste y-a-t'il quelques tentatives de fuite. De la même façon, il n'est jamais question de ce qui se passe à l'extérieur et on ne voit jamais aucune troupe surveiller la ville, aucun contact, aucune explication venant du dehors. Le seul lien est un véhicule blindé automatique, donc sans pilote, qui vient régulièrement ravitailler la ville.
Au bout du compte donc, un roman peuplé de personnages intéressants, humains, crédibles mais une histoire, encore une fois, qui ne tient pas toutes ses promesses. On passe tout de même un bon moment avec un livre qui se lit vite et facilement.

L'avis d'Efelle

mercredi 10 février 2010

Les chronolithes - Robert Charles Wilson

Nous sommes en 2021. Scott Warden est un américain en poste en Thaïlande au moment même de l'apparition, sur place, d'un gigantesque obélisque bleu, surgi de nulle part. Le curieux monument commémore la victoire d'un certain Kuin qui aurait eue lieu ... vingt ans et trois mois dans le futur. Ce n'est que le premier de tout une série de chronolithes, comme ils sont appelés, qui vont apparaître sur la planète et dont certains vont se révéler particulièrement dévastateurs. Scott, devenu l'assistant de Sulamith Chopra, son ancien professeur, va poursuivre les chronolithes à travers le monde pour essayer de percer leur mystère et, pourquoi pas, empêcher l'avènement annoncé de ce futur dictateur. Il va ainsi aller de Thaïlande à Jerusalem, du Mexique au Wyoming, où il se heurtera à chaque fois à des fanatiques disciples de Kuin dont personne ne sait qui il est. Et s'il n'était qu'un mythe ?

J'ai envie de dire : enfin un excellent Wilson, tant il est vrai que les précédents romans de l'auteur m'avaient assez peu convaincu. Soyons honnête, j'avais été prévenu. Spin, l'un des tous derniers, m'a été présenté comme un chef d'oeuvre et, de loin, bien meilleur que le reste de la production. C'est pour cette raison que j'ai décidé de lire les romans de Wilson par ordre de parution ce qui est bien plus plaisant que d'avoir commencé par Spin, auquel cas j'aurais été de déception en déception.
Avec Les chronolithes nous avons affaire à un roman parfaitement abouti. Comme à l'habitude, l'écriture est plaisante, le propos intelligent, les personnages attachants, l'idée de départ originale. Mais toutes ces qualités sont poussées ici à leur paroxysme. La personnalité de Scott est ici particulièrement creusée. Et ce d'autant plus que c'est lui le narrateur s'exprimant à la première personne. Du coup, rien ne nous est caché ni des chronolithes, du moins de ce qu'il sait et de ce qu'il en comprend; ni de sa vie personnelle et des drames qui la jalonnent; ni même de l'état du monde dans cette première moitié du vingt et unième siècle et de la crise économique majeure qui le frappe (eh oui, encore). Et ce qui nous le rend encore plus proche c'est qu'il a ses propres soucis domestiques comme tout un chacun et que, malgré sa proximité avec des experts, il est dépassé par le phénomène des chronolithes.
Mais les progrès réalisés dans les qualités d'écriture habituelles de Wilson ne seraient rien sans la disparition des défauts qui ont pu entachés quelques unes de ses oeuvres précédentes. Ici au moins, l'idée de départ est exploitée jusqu'au bout. Et si les paradoxes temporels ne datent pas d'hier, l'auteur a su ici les renouveler avec brio. Il nous invite à réfléchir sur un certain nombres de questions intéressantes. En particulier sur l'utilité de vouloir lutter contre quelque chose qui semble inéluctable. Après tout, ces chronolithes commémorant des victoires de Kuin viennent du futur. Les victoires de ce nouvel Alexandre sont donc acquises. Peut-on modifier un futur qui serait déjà écrit ? Ou bien sommes nous capables, à force de ténacité et de courage de ré-écrire l'histoire ? Et en voulant à tout prix découvrir le fonctionnement des chronolithes, ne va-t-on pas tout simplement livrer cette technologie à Kuin ?
Autre défaut de certains autres ouvrages de Wilson, le manque d'homogénéité. Ce n'est pas le cas ici. Bien que le livre soit divisé en trois parties bien distinctes, l'ensemble forme un tout cohérent. C'est sans doute dû au personnage de Scott, qui en témoin de tous les évènements qui se déroulent dans le roman, réussit à rendre l'ensemble homogène; mais pas seulement. Même si la deuxième partie peut sembler très éloignée des deux autres, elle n'en constitue pas moins, à la fois un passage extrêmement prenant à lire mais également un pont entre les deux autres parties. Nous assistons en effet dans ce milieu du roman à une sorte d'enquête, de course poursuite entre des parents et des adolescents devenus des fanatiques de Kuin et qui organisent des pèlerinages vers les chronolithes. Une façon pour eux de rendre hommage à celui qu'ils voient comme un sauveur. D'autant que Wilson en profite pour nous dresser un tableau assez sombre de l'époque où il situe son histoire. La crise économique est particulièrement violente. Jamais l'avenir n'a paru si sombre depuis qu'il est venu s'immiscer dans le présent. La guerre n'est plus une crainte, c'est devenu une réalité. Comment ne pas comprendre, sans les excuser, que certains jeunes voient en Kuin celui qui saura les sortir de la crise ?
Paradoxe intéressant. Si des jeunes (et moins jeunes) croient en Kuin c'est parce que le monde est en crise. S'il est en crise, c'est à cause de la guerre à venir, menée par Kuin. En quelque sorte, si Kuin existe c'est parce que des gens ont cru en lui au moment alors qu'il n'existait pas encore.
Dans ces conditions, comment vaincre un homme soutenu par des fanatiques toujours plus nombreux, plus organisés, plus déterminés ?
La réponse finale est un modèle du genre.
Du grand, du très grand Wilson. A lire sans attendre et sans modération.

Voir également l'avis des voisins de la blogosphère Efelle et Hugin & Munin et Gromovar.

lundi 5 octobre 2009

Darwinia - Robert Charles Wilson

Une nuit de 1912, une grande partie de l'Europe et le Royaume-Uni disparaissent. Ou pour mieux dire, sont remplacés par des terres aux contours, au relief et à l'hydrographie sensiblement similaires. Mais tout ce qui y vivait, y compris hommes et plantes, ont laissés leur place à une faune et une flore entièrement nouvelle. Lorsqu'une expédition s'organise pour explorer ce nouveau monde, le jeune photographe Guilford Law décide d'être du voyage. C'est ainsi qu'après avoir confier sa femme et sa fille à de la famille dans la nouvelle ville de Londres, il rejoint le nouveau continent européen.
Le but de l'expédition est de remonter le cours du nouveau Rhin et de traverser les Alpes. Mais en plus des dangers naturels de ce nouveau monde les explorateurs auront à affronter des périls nés d'une guerre éclair qui éclate entre les britanniques, qui revendiquent les terres qui ont remplacées la Grande-Bretagne et les américains bien décidés à coloniser ces terres qui viennent de surgir de nulle part. Mais le mystère même qui préside à l'émergence de ce nouveau continent n'est-il pas porteur d'un danger encore plus grand ?

Au moment de faire ma chronique, j'avoue ma difficulté à décider si j'ai apprécié ou non ce livre. D'aucuns diront que c'est probablement le signe que je ne l'ai pas aimé tant que ça. Peut-être. Le fait est que je suis certes parvenu jusqu'à l'ultime page sans effort et sans réel déplaisir. Et pourtant. Alors que la réputation de Wilson n'est plus à faire dans le domaine de la peinture des personnages, j'ai eu l'impression qu'il y avait mis, cette fois-ci, moins de soin. Reste l'histoire, ou devrais-je dire les histoires ? Car outre les aventures de Guilford, nous suivons également les péripéties de sa femme et de sa fille, ainsi que celles d'un médium "possédé" par un dieu. Procédé classique me direz vous. Les différentes histoires finissent par aboutir au même point et forment alors le dénouement. Sauf que non, pas tout à fait ici. L'histoire de l'épouse de Guilford n'apporte pas grand chose au récit global et celle du spirite pas beaucoup plus. Quant aux interludes qui servent d'explications aux évènements décrits, ils sont complexes dans le détail, lorsque l'auteur nous livre les fruits de son imagination. Nous assistons à un déballage de ce qu'il faut bien appeler parfois des élucubrations dont le sens nous échappe la plupart du temps. Dans les grandes lignes toutefois, les explications sont très simples. Trop peut-être ? Nous ne sommes pas si loin d'avoir affaire à des Dei ex machina et grâce auxquels on va pouvoir justifier tout et n'importe quoi.
Bon, on l'aura compris, après mûres réflexions, je crois pouvoir dire que ce Darwinia ne figure pas au sommet de mon classement des oeuvres de Wilson et, je le crains, loin du sommet de tout ce que j'ai lu. A la différence de mes camarades de la blogosphère littéraire, je ne suis pas sûr que les romans de Wilson s'améliorent au fil du temps. Celui-ci est déjà le deuxième de suite qui me laisse sur ma faim. Les récits s'étoffent, certes, mais parfois de façon un peu artificielle. L'idée de départ, comme bien souvent chez cet auteur, était très séduisante, mais la montagne a accouché d'une souris. En vérité, il n'aura réussi vraiment si j'en juge par les critiques diverses et variées, que Les Chronolithes et Spin. Vivement que je les lise.

L'avis d'Efelle

vendredi 24 juillet 2009

Le vaisseau des voyageurs - Robert Charles Wilson

Un gigantesque vaisseau extra-terrestre apparaît soudain au-dessus de la terre telle une seconde lune. Pendant un an, il reste ainsi, immobile, silencieux et sourd. Nul ne connait les intentions de ses occupants et chacun vit dans une angoisse et une obsession permanentes. Bientôt, quelques médecins découvrent que les humains sont victimes d'un sorte de virus inconnu et dont les effets ne le sont pas moins. Une seule certitude, le nombre de "victimes" s'accroit de façon alarmante et personne ne semble à l'abri. Puis une nuit, un message est adressé en même temps à toute l'humanité. Plus exactement un choix, celui de l'immortalité. Contre toute attente, mais est-ce tellement étonnant ? une partie, minime, des humains refuse la proposition. Un sur dix mille pour être précis. Parmi eux, Matt Wheeler, médecin, dont pourtant tous les proches, jusqu'à sa propre fille, ont accepté l'offre des Voyageurs. Commence alors pour Matt et une poignée de ses concitoyens une vie nouvelle au milieu de Contactés de plus en plus distants.

Il se confirme ici la montée en puissance de l'auteur de livre en livre. S'il n'y avait qu'un détail à retenir pour indiquer cette maturation, je retiendrais la taille du roman. Même si, bien entendu, l'épaisseur d'un livre n'a jamais été synonyme de qualité, il convient d'admettre que la prose de Wilson s'étoffe montrant à quel point il a de plus en plus de choses à dire. Et il les dit de mieux en mieux. Le nombre de pages augmentant, le nombre de personnages augmente aussi. Et comme toujours quelques bonnes idées, ici forcément un peu plus développées.
Pourtant, il demeure encore quelques imperfections qui empêchent le roman de se hisser au sommets du genre. D'abord les personnages. Même si ils sont plus nombreux que dans les textes précédents, beaucoup trop d'entre eux sont à peine esquissés. Certains n'ont pas même une réplique, ou, pour ainsi dire pas. On a la désagréable impression qu'ils sont là pour "faire du nombre".
Et puis surtout, impossible, en lisant Le vaisseau des voyageurs de ne pas penser à ce chef d'oeuvre de King, Le fléau. Même si le point de départ des deux oeuvres est différent, l'ambiance de fin d'humanité est la même. Et les aventures des uns rappellent fortement les aventures des autres. Jusqu'à certains personnages qui trouvent comme un écho d'un roman à l'autre. On pourra donc préférer le livre de King à celui de Wilson.
Un très bon roman donc, mais qui n'a pas la densité de celui du maître du suspense. A lire, par conséquent, si vous n'avez pas lu Le fléau. Dans le cas contraire, j'ai peur qu'il n'apporte rien de bien nouveau.

La critique de Munin

vendredi 19 juin 2009

Les fils du vent - Robert Charles Wilson

Etats-Unis, fin des années 1950. Karen, Tim et leur sœur Laura possèdent le don de voyager entre les mondes. Mais dans leur famille on n'en parle pas, ou alors au prix d'une raclée. Et on déménage. Tous les ans, une nouvelle ville. Pourquoi ce silence ? Pourquoi cette fuite ? Qui est ce menaçant homme en gris qui les retrouve à chaque escale et semble partager leur étrange pouvoir ? Canada, de nos jours. La vie ordinaire que Karen s'est efforcée de mener depuis quarante ans vole en éclats le jour où son mari la quitte et où son fils de quinze ans, Michel, se révèle capable d'utiliser le talent maudit. En quête de réponses, elle se rend avec lui à Los Angeles pour retrouver sa sœur, hippie sur le retour qui a choisi de vivre dans une Californie parallèle. C'est le point de départ d'une épopée fantastique qui les emmènera à travers plusieurs dimensions d'un bout à l'autre du continent nord-américain. Mais il faut faire vite : l'homme en gris a toujours une longueur d'avance. Roman d'aventures haletant, immersion dans un univers fantastique unique, Les fils du vent est avant tout une réflexion d'une finesse psychologique rare sur les liens familiaux.

J'ai décidé de lire l'ensemble de l'oeuvre de Wilson, ou, tout au moins, les romans publiés en poche et en version française. Et ce, dans l'ordre chronologique de parution, autant que faire se peut. Histoire de constater la montée en puissance de l'auteur.
Je n'ai, par conséquent, pas pu lire ce second roman (pour moi), sans le comparer au premier, Ange mémoire. Et à l'évidence, alors que le premier était plus qu'honorable, le second est tout simplement excellent. Si je devais en parler comme je parlerais d'un film, je dirais que dans le premier, les personnages sont filmés de loin, tandis que dans le second, la caméra est au coeur des personnages.
Des personnages comme je les aime. Complexes et attachants. Des gens tout ce qu'il y a de plus ordinaires en dehors de leur don qui est, lui, extraordinaire.
On pourra penser que cette histoire de mondes parallèles est des plus classique. Qu'on en a lu des centaines. Pour ma part, j'avoue n'en avoir pas lu tant que ça. Si ce n'est le cycle d'Ambre, mais les deux histoires n'ont rien en commun.
Wilson parvient même à rendre son récit très original à l'aide de bonnes idées dont il n'est pas avare.
Ajoutez à cela un maintien du mystère pratiquement jusqu'au bout, et vous obtenez un roman très agréable à lire. Et court qui plus est (316 pages) ce qui ne gate rien.
Wilson, pour moi décidément un auteur à suivre.

Merci qui ? Merci Efelle

A venir : Le vaisseau des voyageurs

jeudi 16 avril 2009

Ange mémoire - Robert Charles Wilson

Raymond Keller est un Ange : tout ce qu'il voit est enregistré dans une puce reliée directement à son cortex cérébral. Tenu à l'objectivité, il se veut une machine dénuée de sentiments. Sa nouvelle mission l'envoie au Brésil, au cœur de la forêt amazonienne, en compagnie de Teresa Rafael, une artiste désoeuvrée, et de Byron Ostler, un Ange qui a définitivement renoncé à son câblage. Ils doivent y récupérer un onirolithe, une mystérieuse pierre extraterrestre aux propriétés hors du commun. Mais cela ne sera pas sans danger, d'autant que cette plongée au cœur des ténèbres sera aussi l'occasion d'explorer un territoire chaotique : la mémoire, les souvenirs perdus... Dès son deuxième roman, écrit en pleine vague cyberpunk - genre auquel on peut rattacher Ange mémoire -, Robert Charles Wilson fait montre d'un talent annonciateur des grands romans à venir.

Ange mémoire n'est pas un livre de Science-Fiction ordinaire. Et ce parce que toute la partie S.-F. précisément est particulièrement ténue. L'action se déroule dans un futur proche, on y déterre et négocie des pierres d'origine extra-terrestre, mais ces éléments ne font pas, loin de là, l'essentiel du roman. Même si le personnage central est doté d'équipements lui permettant d'enregistrer tous ce que ses yeux voient, tout ce que ses oreilles entendent, on sent bien que le propos du livre n'est pas le bond en avant technologique.
Ce qui intéresse Wilson c'est la mémoire, les souvenirs, les regrets, les remords, la culpabilité. Il se focalise surtout sur ses personnages et sur ce qu'ils éprouvent et sur leurs rapports au passé. Il y a bien de l'action dans le livre, mais ce n'est pas à mon sens la partie la plus aboutie. Le style y est nerveux, les phrases courtes et le rythme évoque davantage le staccato d'un pistolet mitrailleur que le legato d'un paisible ruisseau. Et puis il y a d'autres passages concernant les souvenirs des personnages, en particulier de Teresa, dans un style plus dense mais néanmoins toujours très agréable à lire.
J'ai lu, ici ou là, que l'oeuvre de Wilson prend peu à peu de l'ampleur pour aboutir au chef d'oeuvre, de l'avis de tous, qu'est Spin. Devant la qualité de cet Ange mémoire, nul doute que Spin soit exceptionnel.
Ayant décidé de lire les oeuvres de Wilson dans l'ordre chronologique, je vais probablement prendre un plaisir croissant à sa lecture.

Voilà en tous cas 320 pages que je ne regrette absolument pas d'avoir lues, ce qui, compte tenu de ma déveine actuelle, est plutôt miraculeux.

Critiques : Efelle à qui je dois d'avoir tenté l'expérience. Merci Efelle.