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dimanche 29 novembre 2015

The Emperor's soul - Brandon Sanderson

Résumé (de la version française) :
La jeune Shai a été arrêtée alors qu’elle tentait de voler le Sceptre de Lune de l’Empereur. Mais au lieu d’être exécutée, ses geôliers concluent avec elle un marché : l’Empereur, resté inconscient après une tentative d’assassinat ratée, a besoin d’une nouvelle âme. Or, Shai est une jeune Forgeuse, une étrangère qui possède la capacité magique de modifier le passé d’un objet, et donc d’altérer le présent. Le destin de l’Empire repose sur une tâche impossible : comment forger le simulacre d’une âme qui serait meilleur que l’âme elle-même ? Shai doit agir vite si elle veut échapper au complot néfaste de ceux qui l’ont capturée.

Shai est une Faussaire (Forger en anglais), ou comme l'indique la quatrième de couverture de la version française, une Forgeuse. Si elle est capable de réaliser la copie parfaite d'un tableau ou d'une autre quelconque oeuvre d'art, et qu'elle excelle dans cet art, elle est surtout dotée d'un talent exceptionnel, assimilable à de la quasi magie, qui lui permet de modifier l'essence même de tout objet, quel que soit le matériau dont il est fait : bois, pierre, métal, verre... Elle peut même, si on lui demande gentiment, ou si on la contraint par la menace, modifier ou recréer l'âme d'un être humain.
C'est ce que vont exiger d'elle les Arbitres (arbiters) de l'empereur Ashravan, les personnes les plus haut placées de l'empire. Le monarque a été victime d'un attentat qui lui aurait coûté la vie sans l'intervention de ses chirurgiens qui n'ont cependant pas pu faire mieux que de faire de lui un légume. Shai va donc devoir Forger à l'empereur une âme toute neuve et, tant qu'à faire, aussi proche possible de l'originale. Ce qui revient à connaître parfaitement la personne dont on veut recréer la personnalité. Shai a à sa disposition le journal du souverain, ainsi que les témoignages de ses proches. Reste qu'il y a deux problèmes pour la jeune femme. Tout d'abord, elle n'a que très (trop) peu de temps pour réaliser cet exploit. En second lieu, elle comprend vite que Frava, la chef des Arbitres, n'a aucune intention de lui laisser la vie sauve, comme promis.
Nous allons donc assister aux efforts de Shai pour façonner une nouvelle âme la plus parfaite possible dans le délai qui lui a été accordé. (Façonneuse, ça aurait eu de la gueule aussi pour désigner son activité. Non ?)
Parce que bien entendu,  pas question pour elle de faire du travail au rabais. On a sa fierté, que diable ! Dans le même temps, il faut qu'elle trouve le moyen de s'enfuir dès son oeuvre achevée. Et ça, ça n'est pas facile du tout. Surtout que Shai est enfermée dans sa chambre-atelier grâce à un sortilège disposé sur sa porte par un mage plutôt flippant.
Elle va réfléchir à une multitudes de plans d'évasion tous plus risqués et irréalisables les uns que les autres. Elle songe même à utiliser ses talents aux dépens d'un autre des Arbitres de l'empereur, Gaotona, vieillard à la personnalité bien plus bienveillante que celle de Frava (en même temps, ce n'est pas bien difficile), mais qui est également, malheureusement pour elle, intègre, incorruptible et insensible à toutes les tentatives de Shai.
 La lecture de ce court roman m'a été particulièrement agréable. La personnalité de Shai est très attachante et c'est avec une vraie inquiétude pour sa survie que l'on suit ses aventures. Elle est entourée de deux personnages, Gaotona et Frava, peut-être un soupçon moins travaillés mais intéressants tout de même.
À lire, pour sa fraicheur, sa «magie» originale (comme souvent chez Sanderson), son suspense et, accessoirement, son prix Hugo du meilleur roman court 2013.
Le roman est paru en français sous le titre : L'Âme de l'Empereur.

mardi 3 juillet 2012

L'Empire Ultime - Brandon Sanderson

Fils des Brumes , tome 1 (trilogie)
Fantasy
Quatrième de couverture
Les brumes règnent sur la nuit,
Le Seigneur Maître sur le monde.

La jeune Vin ne connait de l’Empire Ultime que les brumes de Luthadel, les pluies de cendre et le regard d’acier des Grands Inquisiteurs. Depuis plus de 1000 ans, le Seigneur Maître gouverne les hommes par la terreur. Seuls les nobles pratiquent l’allomancie, la précieuse magie des métaux.
Mais Vin n’est pas une adolescente comme les autres. Et le jour où sa route croise celle de Kelsier, le plus célèbre voleur de l’Empire, elle est entraînée dans un combat sans merci. Car Kelsier, revenu de l’enfer, nourrit un projet fou : renverser l’Empire.

Cela n'aura échappé à personne, mais la fantasy est plutôt une littérature destinée à un public adolescent. Au départ. À l'arrivée aussi, souvent. Si, si. Je vous assure. Même s'il existe des exceptions notables d'auteurs qui tentent de faire de la fantasy « adulte » (Martin, Jaworski ...), l'ensemble de la production présente la plupart du temps des ouvrages dont la seule ambition est d'embarquer sur les ailes du dragon les jeunes gamins de 15 ans. Les vrais et ceux qui vivent dans nos cœurs d'adulte. Eh bien cet Empire Ultime ne fait pas exception à la règle. C'est très, mais alors très ciblé adolescents. Ce qui n'a, bien entendu, rien d'un reproche. Mais il faut le savoir. Voilà tout.
Ce qui frappe au premier abord c'est le côté extrêmement stéréotypé des personnages. On les croirait sortis tout droit d'un roman d'Alexandre Dumas. Là encore, rien d'infamant, au contraire, mais on ne peut pas dire qu'ils brillent par la complexité de leur psychologie. Même s'il faut saluer les tentatives de l'auteur pour nous offrir des personnages qui ne soient pas trop « monobloc ». Ces derniers n'en restent pas moins des caricatures cent fois côtoyés dans les romans d'aventures.
Mais qu'importe. Le style, simple et efficace nous emporte. L'histoire ne manque pas d'une certaine originalité. Surtout lorsqu'on voit foirer un à un les plans minutieusement préparés des « gentils ». Cela nous change des héros invincibles et est plutôt un bon point.
Quant au système de magie, c'est le point sans doute le plus original du roman. Je n'ai pour ma part jamais lu quelque chose de semblable. Le magicien ici n'est pas loin de ressembler à un athlète. L'entrainement est dur et on ne parvient à la maîtrise, si tant est qu'on ait le potentiel en soi, qu'à force de travail.
J'ai pu par ailleurs apprécier que le héros soit ... une héroïne. Cela n'a plus rien de vraiment original dans un roman écrit au vingt-et-unième siècle mais n'empêche, cela fait du bien d'éviter, pour une fois, un personnage principal bourré de testostérone.
Ajoutons que la fin de ce premier tome est semi-fermée (ou semi-ouverte, comme vous voulez). En d'autres termes, il est tout à fait possible de s'arrêter là. Soit définitivement, mais ce serait sans doute dommage, soit en se ménageant une longue période de transition avant d'attaquer le suivant. Toutes les parenthèses ouvertes  dans le récit ont été fermées, ou quasiment. Même si on sent (et on le sait) qu'il existe une suite. Il ne devrait pas être trop difficile de se replonger dans le second tome après plusieurs mois.
Quoi qu'il en soit, je dois avouer que la lecture de ce premier opus m'aura été très agréable et qu'elle m'aurait (presque) réconcilié avec la fantasy. Sans être un chef d'œuvre ou un modèle du genre, cette trilogie se révèle très agréable à lire. Pour l'été qui vient (peut-être) ce pourrait être un bon choix.