Voilà !
Ainsi que je ne vous l'avais donc pas promis dans
mon précédent billet, ceci est ma première chronique post-torpeur. Le titre n'a rien d'original mais je m'en tape à un point que vous ne pouvez même pas imaginer. C'est déjà beau que je reprenne la plume ... enfin le clavier. Faut pas me demander la lune non plus.
Alors les critiques qui vont suivre sont rangées dans un ordre tout à fait aléatoire. De là à dire qu'elles ne sont pas rangées il n'y a qu'un pas, que je franchis allègrement. Déjà que je vais devoir me souvenir de tous les livres que j'ai lus et pas chroniqués. C'est pas dans la poche, tout ça, je vous le dis.
Au fait, je ne donne plus de note. Je n'ai jamais été très convaincu de leur utilité. Mais soyez sûrs que chaque fois qu'un roman se révélera un coup de cœur, je ne manquerai pas de le signaler.
Et encore autre chose, je vais me contenter de faire 4 ou 5 critiques par chronique. Histoire de ne pas produire des pavés (trop) indigestes.
Les Rivières Pourpres - Jean-Christophe Grangé
Polar - Thriller
Ceci est le premier roman que je lis de Grangé dont je ne connaissais rien. C'est donc sans a priori que j'ai attaqué ce récit de deux enquêtes (à première vue différentes) menées par deux flics. L'un jeune, l'autre moins. Et cela, à des kilomètres de distance. Comme chacun s'en doute, les enquêtes finiront par converger, les deux flics par se rencontrer et coopérer.
Rien à dire de particulier sur le style si ce n'est que le texte se lit plutôt bien. Il y a du rythme et le double mystère assez épais pour nous donner envie d'aller jusqu'au bout. Les personnages ont assez d'épaisseur, eux aussi, pour attirer notre attention et nous intéresser.
En revanche, l'explication finale s'avère difficile à avaler. Sans être totalement indigeste, elle demande au lecteur un certain effort pour passer sur certaines invraisemblances.
L'avenir devait m'apprendre qu'il en est souvent ainsi avec Grangé qui flirte quasi à chacun de ses romans avec le fantastique sans toujours oser franchir le pas. J'aime le fantastique, j'aime les thrillers réalistes. J'ai un peu plus de mal avec les œuvres à mi-chemin des deux. À mi-chemin de n'importe quels genres, d'ailleurs.
En deux mots : cela se lit bien et doit s'oublier à peu près aussi vite. Et petite précision : je n'ai pas vu le film mais la lecture du roman ne m'a pas dissuadé de le faire si un jour l'occasion se présente.
Les Femmes de Stepford - Ira Levin
Science Fiction
D'Ira Levin je n'avais lu que Un Bonheur Insoutenable, une remarquable dystopie dans la lignée de 1984. Même si le roman est un cran au-dessous de son illustre modèle, il est loin, très loin d'être sans intérêt. Bref, c'est avec un plutôt bel optimisme que je démarrai la lecture de ces Femmes de Stepford.
J'y ai découvert le récit d'un jeune couple, plutôt progressiste, qui vient d'emménager dans une petite ville résidentielle. L'un comme l'autre sont féministes et ils vont très vite découvrir qu'il sont en cela différents de la plupart des autres couples dans lesquels un bon macho vit en seigneur et maître auprès de sa femme soumise et bonne maîtresse de maison. C'est du
Desperate Housewives, pur et dur, l'humour en mois.
Parce que le moins qu'on puisse dire, c'est que l'ambiance va dire tourner au pesant, très pesant et va même devenir progressivement étouffante, inquiétante. Surtout lorsque le cercle, déjà restreint, des femmes libres va petit à petit diminuer encore un peu plus. Alors que se passe-t-il à Stepford ? C'est ce que va tenter de découvrir le principal personnage féminin du roman.
Étonnamment, la quasi totalité du livre est assez pauvre en éléments fantastiques ou relevant de la science-fiction ce qui est assez déroutant pour un roman du genre. Enfin, en tout cas, jusqu'à la révélation finale, que l'on voit venir un petit peu avant, il faut bien le dire. Mais cela n'est pas gênant.
En fait, le roman prend toute sa saveur à partir de cette révélation lorsque le lecteur que nous sommes, revoit défiler en un instant tous les petits indices que l'auteur a semé le long de l'ouvrage.
Un bien sympathique petit roman, ma foi, et qui doit se laisser relire et relire encore.
Maître à Bord - Patrick O'Brian
Jack Aubrey 01
Aventure
On connait mon goût pour les aventures maritimes. Pour les corsaires, pirates et autres flibustiers. Je ne pouvais donc que plonger (humour) dans ce premier épisode des aventures du capitaine Jack Aubrey. Et pour plonger, on plonge. C'est à une véritable immersion (re-humour) dans le monde de la marine que nous invite O'Brian. À tel point que même un vieux loup de mer virtuel comme moi pouvait avoir du mal à suivre les descriptions données. Sans une solide connaissance du vocabulaire marin, on pourrait vite décroché.
Sauf que, et c'est là tout le génie de l'auteur, je trouve, nous avons pour jouer le rôle du lecteur novice en la matière le personnage du docteur Maturin. Lorsque celui-ci embarque sur la Sophie, le premier commandement de Jack Aubrey, il ne connait strictement rien aux navires et à la navigation. C'est donc au travers des conversations qu'il aura avec l'équipage qu'il va parfaire ses connaissances et nous avec lui.
Et nous allons donc suivre les aventures du sloop la Sophie, petit navire aux performances très médiocres et de son équipage, au service de sa majesté britannique.
Compte tenu du retard accumulé dans mes chroniques, mes lectures s'éloignent inexorablement dans le temps et leur souvenir s'effiloche. Tout ce qui me reste de ce premier opus de la saga Jack Aubrey c'est une succession de combats dans les eaux méditerranéennes à l'issue parfois bonne, parfois nettement moins. Et fort heureusement, la lassitude ne nous gagne jamais tant les récits sont prenants.
J'ignore en revanche si le lecteur ne risque pas de s'ennuyer sur la longueur. J'essaierai sans doute le deuxième volet mais dans un futur plutôt éloigné.
Pour les curieux, le film Master and Commander : De l'autre côté du monde est tiré de plusieurs tomes de la série et notamment de ce premier. Et non, je n'ai pas vu le film.
Un Crocodile sur un Banc de Sable - Elizabeth Peter
Peabody 01
Policier - Historique
Amelia Peabody est une jeune archéologue amateur de la fin du 19ème siècle. À l'occasion d'un séjour en Égypte, elle fait la connaissance d'un égyptologue réputé, un rien bourru. Par hasard, elle le retrouve dans le campement qu'il a établi près de ses fouilles. Bientôt vont se produire d'étranges évènements où sont notamment impliquées des momies peu amicales.
Autant le dire d'entrée, on ne peut lire les aventures de miss Peabody sans penser aux romans d'Agatha Christie. En terme d'époque d'abord, notre héroïne étant une quasi contemporaine d'Hercule Poirot. En terme d'ambiance et de personnages ensuite. La reine du polar était passionnée par l'Egypte et elle n'aurait pas renié la galerie de gentlemen et de ladies que nous offre Elizabeth Peter. Et puis nous sommes après tout au cœur d'une enquête policière. Cela entretient la filiation.
Mais la comparaison s'arrête là. L'auteur des Peabody n'a pas tout à fait le talent de la créatrice d'Hercule Poirot. Même si on suit avec intérêt les aventures de la jeune archéologue, nous ne sommes pas passionnés au point de nous précipiter sur le tome suivant. Mais j'en lirai sans doute d'autres. Plus tard.