Affichage des articles dont le libellé est Historique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Historique. Afficher tous les articles

lundi 12 septembre 2016

14 - Jean Echenoz

Résumé :
Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d’entre eux. Reste à savoir s’ils vont revenir. Quand. Et dans quel état. 

Ce court roman est un petit bijou. Déjà, il est admirablement écrit mais dans un style à la fois magnifique et abordable. Ensuite, il réussi l'exploit de condenser quatre années de guerre en nous livrant l'essentiel de ce qu'il y a à savoir sur la période et ce, malgré sa taille modeste. Car le roman part précisément du jour de la mobilisation et se termine par l'évocation de la dernière bataille. Il nous y est narré la liesse du départ, quand, dans l'esprit de la plupart, la guerre ne devait durer que quinze jours. Les premiers combats, les tranchées. La vétusté du matériel et son côté inadapté. Les balbutiements de l'aviation. Les premiers morts, blessés, estropiés. L'arrogance des officiers et l'intransigeance des gendarmes face aux déserteurs ou prétendus tels. J'en oublie, forcément, mais tout est là. Tout. Ce 14 ressemble à un petit livre d'histoire écrit avec infiniment de talent.
À lire. Absolument.

 Excellent. Coup de cœur.

mercredi 24 août 2016

Le collier rouge - Jean-Christophe Rufin

Résumé :
Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte.
Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit.
Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère.
Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes.

Trois personnages et, au milieu d'eux, un chien, qui détient la clef du drame...

Ceci est ma première incursion dans l'univers de Rufin et il y a fort à parier que ce ne sera pas la dernière.
Le récit prend place dans une petite ville du Berry et en particulier, son ancienne caserne désaffectée transformée en prison. Nous sommes en 1919. Le seul prisonnier des lieux est un soldat décoré pour bravoure. Il attend l'arrivée du juge militaire chargé de l'instruction de son affaire. Affaire dont on ne saura rien, quasiment jusqu'à la fin. Quand le juge arrive, un jeune commandant idéaliste, les choses ne se déroulent pas comme prévues. Alors que l'officier cherche tous les moyens possibles pour minimiser la gravité de l'acte et libérer le prisonnier, ce dernier lui rend la tâche difficile en refusant, notamment, de travestir ce qu'il considère comme étant la vérité des faits. Toute cette lutte insolite à lieu dans les aboiements incessants du chien du prisonnier. Chien qui joue un rôle de premier plan dans l'explication du comportement étonnant de son maître.
 Les qualités du roman sont nombreuses. D'abord il est court, ce qui est toujours agréable par les temps qui courent où la priorité est donnée aux pavés. Il est fort bien écrit et cependant, fort agréable à lire et d'une grande fluidité. Il y avait longtemps que je n'avais pas lu un livre sans buter, ne serait-ce que de temps en temps, sur une phrase. Et puis il y a l'ambiance, admirablement restituée. On EST littéralement dans cette petite ville, dans cette caserne-prison, sur cette place en compagnie du chien. On est à la guerre lorsque le soldat relate les évènements qui l'ont conduit en prison. On transpire avec les personnages.
J'ai pris un immense plaisir à dévorer ce petit roman qui parle de l'absurdité de la guerre, de fidélité, de loyauté, d'orgueil, d'amour. Et de chiens...
C'est sans conteste un immense coup de cœur que je vous invite à découvrir séance tenante. Il ne vous faudra guère plus d'une heure et demie pour en venir à bout.

Excellent. Coup de cœur.

lundi 8 août 2016

L'Apothicaire - Henri Loevenbruck

Résumé :
"Il vécut à Paris en l'an 1313 un homme qui allait du nom d'Andreas Saint-Loup, mais que d'aucuns appelaient l'Apothicaire, car il était le plus illustre et le plus mystérieux des préparateurs de potions, onguents, drogues et remèdes..." Un matin de janvier, cet homme découvre dans sa boutique une pièce qu'il avait oubliée... Il comprend alors que jadis vivait ici une personne qui a soudainement disparu de toutes les mémoires. L'Apothicaire, poursuivi par d'obscurs ennemis, accusé d'hérésie par le roi Philippe le Bel et l'Inquisiteur de France, décide de partir jusqu'au mont Sinaï. Entre conte philosophique et suspense ésotérique, L'Apothicaire est une plongée vertigineuse dans les mystères du Moyen Age et les tréfonds de l'âme humaine.

Une plongée réussie dans cette France du 14ème siècle. Des personnages attachants, une belle langue, une culture colossale. Malheureusement, je suis resté sur ma faim et j'ai terminé la lecture en me disant : tout ça pour ça ? La plupart des arcs narratifs font un peu artificiels et se concluent de manière abrupte. Il n'en reste pas moins que le tout se lit avec un immense plaisir. Quand même !

Bon.

mardi 26 juillet 2016

Germania - Harald Gilbers

Résumé :
Berlin, été 1944. De jeunes femmes sont retrouvées mortes, nues et mutilées, devant des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Contre toute attente, le SS-Hauptsturmführer Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, l'ancien enquêteur star. Pourtant Oppenheimer est juif et donc officiellement interdit d'exercer... Tiraillé entre son quotidien misérable dans une " maison juive " et le confort que lui offre son nouveau statut, Oppenheimer est de plus en plus inquiet. Tous les indices pointent vers un assassin appartenant à l'élite nazie, si Oppenheimer échoue, son destin est scellé. Mais n'est-il pas encore plus dangereux de démasquer le coupable ? Pendant les derniers jours du Reich, les tensions sont à leur comble...

Palme de l'originalité pour ce roman pour le lieu et l'époque, pas si souvent exploités (voir Philip Kerr et sa trilogie Berlinoise), et surtout ce duo inattendu formé d'un commissaire juif et d'un officier S.S. Les personnages sont fouillés, l'intrigue est solide, l'ambiance bien rendue, la documentation exemplaire. Une très bonne surprise.

Bon.

Casanova et la femme sans visage - Olivier Barde-Cabuçon

Résumé :
Après avoir sauvé Louis XV de la mort lors de l’attentat de Damiens, et malgré son peu de goût pour la monarchie, le jeune Volnay obtient du roi la charge de “commissaire aux morts étranges” dans la police parisienne.
Aidé d’un moine aussi savant qu’hérétique et d’une pie qui parle, Volnay apparaît comme le précurseur de la police scientifique, appelé à élucider les meurtres les plus horribles ou les plus inexpliqués de son époque. Epris de justice, c’est aussi un homme au passé chargé de mystère, en révolte contre la société et son monarque qu’il hait profondément. Lorsque, en 1759, le cadavre d’une femme sans visage est retrouvé dans Paris, Volnay doit conduire une enquête sur le fil du rasoir avant que le meurtrier ne frappe de nouveau.
Surveillé de près par Sartine, le redoutable chef de la police qui voit d’un mauvais œil ce policier hors normes, Volnay, aidé à cette occasion par le libertin Casanova en personne et une jeune aristocrate italienne tournée vers les sciences et le progrès, remonte la piste d’un crime qui pourrait impliquer la Pompadour et Louis XV lui-même. Mais entre des alliés incertains et des adversaires redoutables, à qui le commissaire aux morts étranges peut-il se fier ? Des intrigues de la Cour de Versailles à la mystérieuse maison du Parc-aux-Cerfs, Casanova et la femme sans visage restitue avec une stupéfiante justesse, dans l’atmosphère si particulière de l’époque, les étonnants personnages que sont Louis XV, la marquise de Pompadour, Casanova et la figure énigmatique du comte de Saint-Germain, et inaugure une série policière des plus prometteuses.

Impossible de ne pas penser au Nicolas Le Floch de Jean-François Parot. Même lieu, même époque. Sauf que... on est loin d'atteindre ici les qualités qui font des ouvrages de Parot une vraie réussite. Je me suis ennuyé, mais ennuyé avec ce Volnay. À tel point que j'ai dû abandonner ma lecture.

Bof.

dimanche 12 février 2012

Impressions de lecture n° 2

Trafic d'Or sous les T'ang - Robert Van Gulik
Juge Ti 01
Policier - Historique
Chine 663. À la suite de la mort du magistrat précédent, TI Jen-Tsie est nommé juge du petit district de Peng-lai.Accompagné de HONG Liang, son vieux conseiller, il rencontre en chemin deux aventuriers, MA Jong et TSIAO Taï qui vont devenir ses redoutables lieutenants. Arrivé sur place, il aura à résoudre trois affaires. La mort de son prédécesseur bien sûr mais également celle de l'enlèvement d'un femme et de la disparition du premier commis du tribunal.
Avec sa jeunesse, son intelligence, son courage, son humanité, le juge TI est un personnage plutôt attachant. Son serviteur et ses deux lieutenants forment un trio assez savoureux. Ajoutez à cela un dépaysement à la fois culturel et temporel et vous obtenez un cocktail parfaitement réussi et qui devrait vous faire passer un très bon moment.
Le fait que le juge mène de front plusieurs enquêtes (comme cela arrive d'ailleurs sans doute fréquemment dans la réalité) donne au récit beaucoup de rythme. Cela nous permet de croiser la route de plusieurs personnages de milieu et d'éducation variés. Nous sommes ainsi invités à découvrir de nombreux et différents aspects de la vie d'une province de la Chine de l'époque.
Une série d'une lecture extrêmement agréable.

La Patrouille du Temps 1 - Poul Anderson
Science Fiction
S'il est une série en Science Fiction à la réputation flatteuse, c'est bien celle-ci. Il ne m'en fallait pas plus, quand l'occasion de la lire s'est présentée, de me ruer dessus.
Manse Everard est un ex-officier de l'armée américaine. Alors qu'il est à la recherche d'un emploi, il reçoit une offre très curieuse. On lui propose en effet de faire partie de la Patrouille du Temps, une brigade chargée essentiellement de veiller à ce que personne ne soit tenté de modifier le cours de l'histoire suite à la découverte du voyage dans le temps. Nous allons donc suivre les aventures de Manse Everard à travers plusieurs périodes de l'histoire.
Autant le dire, cette série est chargée de handicaps, au moins à mes yeux. Déjà, je ne suis pas très fan des voyages dans le temps. L'effort qui m'est demandé de suspension d'incrédulité est considérable. Les fameux paradoxes temporels qui plaisent tant aux fans du genre me laissent perplexe. Mauvaise pioche. Ensuite je n'aime pas trop les nouvelles. De nouveau mauvaise pioche.
Mais au-delà de ces inconvénients somme toute surmontables, j'ai été surtout rebuté par le caractère vieillot du récit. Bon sang ce que cela a donc mal vieilli du moins à mon humble avis. De plus, je n'ai pas trouvé les personnages particulièrement attachants.
Cela n'aura pas été une expérience inoubliable mais je tempérerai mon propos en répétant que je ne suis pas du tout dans la cible de ce genre d'ouvrage. J'invite tous ceux qui souhaitent étoffer leurs connaissances des grands classiques de tenter l'expérience dans la mesure où la lecture de ce recueil n'est pas une torture tout de même. Mais je n'offre, on l'aura compris, aucune garantie que vous soyez enthousiasmé.

Le Sourire Noir - Serge Brussolo
Thriller
Mother Lode Lake, une toute nouvelle station de vacances. Un groupe de vacanciers teste un nouveau produit de régime à l'efficacité incroyable. En à peine quelques jours tous ont déjà perdu plusieurs kilos sans se priver de manger. L'astuce ? La poudre miracle limite l'absorption par l'organisme à 400 calories quel que soit la quantité d'aliments ingérée. Malheureusement, la cure a des effets secondaires dévastateurs au niveau psychique et les curistes finissent par adopter des comportements suicidaires à leur insu.Comportements qui vont les conduire à des accidents mortels.
C'est dans ce contexte que David Sarella, écrivain à succès, devient professeur de littérature de la station. Il va vite découvrir que la drogue cache un combat sans merci entre un psychopathe, la maffia et le F.B.I. Il va alors être impliqué malgré lui de la plus horrible des manières.
J'avais déjà pu apprécier le talent de Brussolo et le moins qu'on puisse dire est que j'avais réservé à ma première lecture un accueil plutôt mitigé. Tout en supputant d'ailleurs que l'auteur était sans doute capable de faire beaucoup mieux. Et j'ai pu constaté que je ne m'étais pas trompé. Ce Sourire Noir est un excellent thriller. Le personnage principal est attachant et complexe à souhait. Le récit est déjanté juste comme il faut et nous entraîne dans une course contre la montre haletante.
J'ai lu quelque part que Grangé était le Stephen King français. J'ai tendance à penser que, s'il existe un Stephen King français, c'est plutôt Brussolo. Mais cela n'engage que moi. Il a de plus un avantage sur son illustre modèle, c'est la longueur raisonnable de ses romans.
Le Sourire Noir est un excellent divertissement qui vous fera passer, il me semble, un bon moment.

Les Piliers de la Terre - Ken Follett
Historique
Pour faire simple, le roman parle de la construction, sur de nombreuses années, d'une cathédrale dans l'Angleterre du 12ème siècle. L'intrigue étant étoffée par les relations conflictuelles qui opposent les différents protagonistes qui vont du simple conflit d'intérêt à la haine farouche.
Avant d'entamer la lecture de ces Piliers de la Terre, je ne connaissais rien ni de l'œuvre ni de son auteur. Tout juste avais-je pu lire peu de temps auparavant une simple allusion laissant entendre que le roman avait tendance à donner dans les bisounours. Je savais confusément qu'il s'agissait d'un best-seller mais rien de plus.
Alors certes, les gentils et les méchants sont clairement identifiés. Les gentils sont très gentils et les méchants très méchants.Mais à y regarder de plus près, on s'aperçoit que chaque personnage est bien plus complexe qu'il semble. Certains gentils ont par exemple tendance à suivre avec une telle rigueur, voire, une telle rigidité leurs principes qu'ils finissent par manquer d'indulgence. Mais finalement qu'importe. Ce qui compte c'est la richesse des aventures, ou plus exactement des mésaventures des partisans de la cathédrale. Ils ont bien du mérite de continuer à se battre et à y croire en dépit des catastrophes, collectives et individuelles, qui s'enchaînent. Et Ken Follett n'est pas avare d'idées tordues pour ce qui est de mettre des bâtons dans les roues de ses personnages.
Ajoutons juste qu'après avoir lu ce livre, vous n'ignorerez plus rien de la construction d'une cathédrale. L'ambiance du moyen-âge est en outre parfaitement rendue. Un bon roman, qui m'a fait passer un bon moment. Et bien que s'agissant d'un véritable pavé, il se laisse lire très facilement.

vendredi 10 février 2012

Impressions de lecture n° 1

Voilà !
Ainsi que je ne vous l'avais donc pas promis dans mon précédent billet, ceci est ma première chronique post-torpeur. Le titre n'a rien d'original mais je m'en tape à un point que vous ne pouvez même pas imaginer. C'est déjà beau que je reprenne la plume ... enfin le clavier. Faut pas me demander la lune non plus.
Alors les critiques qui vont suivre sont rangées dans un ordre tout à fait aléatoire. De là à dire qu'elles ne sont pas rangées il n'y a qu'un pas, que je franchis allègrement. Déjà que je vais devoir me souvenir de tous les livres que j'ai lus et pas chroniqués. C'est pas dans la poche, tout ça, je vous le dis.
Au fait, je ne donne plus de note. Je n'ai jamais été très convaincu de leur utilité. Mais soyez sûrs que chaque fois qu'un roman se révélera un coup de cœur, je ne manquerai pas de le signaler.
Et encore autre chose, je vais me contenter de faire 4 ou 5 critiques par chronique. Histoire de ne pas produire des pavés (trop) indigestes.

Les Rivières Pourpres - Jean-Christophe Grangé
Polar - Thriller
Ceci est le premier roman que je lis de Grangé dont je ne connaissais rien. C'est donc sans a priori que j'ai attaqué ce récit de deux enquêtes (à première vue différentes) menées par deux flics. L'un jeune, l'autre moins. Et cela, à des kilomètres de distance. Comme chacun s'en doute, les enquêtes finiront par converger, les deux flics par se rencontrer et coopérer.
Rien à dire de particulier sur le style si ce n'est que le texte se lit plutôt bien. Il y a du rythme et le double mystère assez épais pour nous donner envie d'aller jusqu'au bout. Les personnages ont assez d'épaisseur, eux aussi,  pour attirer notre attention et nous intéresser.
En revanche, l'explication finale s'avère difficile à  avaler. Sans être totalement indigeste, elle demande au lecteur un certain effort pour passer sur certaines invraisemblances.
L'avenir devait m'apprendre qu'il en est souvent ainsi avec Grangé qui flirte quasi à chacun de ses romans avec le fantastique sans toujours oser franchir le pas. J'aime le fantastique, j'aime les thrillers réalistes. J'ai un peu plus de mal avec les œuvres à mi-chemin des deux. À mi-chemin de n'importe quels genres, d'ailleurs.
En deux mots : cela se lit bien et doit s'oublier à peu près aussi vite. Et petite précision : je n'ai pas vu le film mais la lecture du roman ne m'a pas dissuadé de le faire si un jour l'occasion se présente.

Les Femmes de Stepford - Ira Levin
Science Fiction
D'Ira Levin je n'avais lu que Un Bonheur Insoutenable, une remarquable dystopie dans la lignée de 1984. Même si le roman est un cran au-dessous de son illustre modèle, il est loin, très loin d'être sans intérêt. Bref, c'est avec un plutôt bel optimisme que je démarrai la lecture de ces Femmes de Stepford.
J'y ai découvert le récit d'un jeune couple, plutôt progressiste, qui vient d'emménager dans une petite ville résidentielle. L'un comme l'autre sont féministes et ils vont très vite découvrir qu'il sont en cela différents de la plupart des autres couples dans lesquels un bon macho vit en seigneur et maître auprès de sa femme soumise et bonne maîtresse de maison. C'est du Desperate Housewives, pur et dur, l'humour en mois.
Parce que le moins qu'on puisse dire, c'est que l'ambiance va dire tourner au pesant, très pesant et va même devenir progressivement étouffante, inquiétante. Surtout lorsque le cercle, déjà restreint, des femmes libres va petit à petit diminuer encore un peu plus. Alors que se passe-t-il à Stepford ? C'est ce que va tenter de découvrir le principal personnage féminin du roman. 
Étonnamment, la quasi totalité du livre est assez pauvre en éléments fantastiques ou relevant de la science-fiction ce qui est assez déroutant pour un roman du genre. Enfin, en tout cas, jusqu'à la révélation finale, que l'on voit venir un petit peu avant, il faut bien le dire. Mais cela n'est pas gênant.
En fait, le roman prend toute sa saveur à partir de cette révélation lorsque le lecteur que nous sommes, revoit défiler en un instant tous les petits indices que l'auteur a semé le long de l'ouvrage.
Un bien sympathique petit roman, ma foi, et qui doit se laisser relire et relire encore.

Maître à Bord - Patrick O'Brian
Jack Aubrey 01
Aventure
On connait mon goût pour les aventures maritimes. Pour les corsaires, pirates et autres flibustiers. Je ne pouvais donc que plonger (humour) dans ce premier épisode des aventures du capitaine Jack Aubrey. Et pour plonger, on plonge. C'est à une véritable immersion (re-humour) dans le monde de la marine que nous invite O'Brian. À tel point que même un vieux loup de mer virtuel comme moi pouvait avoir du mal à suivre les descriptions données. Sans une solide connaissance du vocabulaire marin, on pourrait vite décroché.
Sauf que, et c'est là tout le génie de l'auteur, je trouve, nous avons pour jouer le rôle du lecteur novice en la  matière le personnage du docteur Maturin. Lorsque celui-ci embarque sur la Sophie, le premier commandement de Jack Aubrey, il ne connait strictement rien aux navires et à la navigation. C'est donc au travers des conversations qu'il aura avec l'équipage qu'il va parfaire ses connaissances et nous avec lui.
Et nous allons donc suivre les aventures du sloop la Sophie, petit navire aux performances très médiocres et de son équipage, au service de sa majesté britannique.
Compte tenu du retard accumulé dans mes chroniques, mes lectures s'éloignent inexorablement dans le temps et leur souvenir s'effiloche. Tout ce qui me reste de ce premier opus de la saga Jack Aubrey c'est une succession de combats dans les eaux méditerranéennes à l'issue parfois bonne, parfois nettement moins. Et fort heureusement, la lassitude ne nous gagne jamais tant les récits sont prenants.
J'ignore en revanche si le lecteur ne risque pas de s'ennuyer sur la longueur. J'essaierai sans doute le deuxième volet mais dans un futur plutôt éloigné.
Pour les curieux, le film Master and Commander : De l'autre côté du monde est tiré de plusieurs tomes de la série et notamment de ce premier. Et non, je n'ai pas vu le film.

Un Crocodile sur un Banc de Sable - Elizabeth Peter
Peabody 01
Policier - Historique
Amelia Peabody est une jeune archéologue amateur de la fin du 19ème siècle. À l'occasion d'un séjour en Égypte, elle fait la connaissance d'un égyptologue réputé, un rien bourru. Par hasard, elle le retrouve dans le campement qu'il a établi près de ses fouilles. Bientôt vont se produire d'étranges évènements où sont notamment impliquées des momies peu amicales.
Autant le dire d'entrée, on ne peut lire les aventures de miss Peabody sans penser aux romans d'Agatha Christie. En terme d'époque d'abord, notre héroïne étant une quasi contemporaine d'Hercule Poirot. En terme d'ambiance et de personnages ensuite. La reine du polar était passionnée par l'Egypte et elle n'aurait pas renié la galerie de gentlemen et de ladies que nous offre Elizabeth Peter. Et puis nous sommes après tout au cœur d'une enquête policière. Cela entretient la filiation.
Mais la comparaison s'arrête là. L'auteur des Peabody n'a pas tout à fait le talent de la créatrice d'Hercule Poirot. Même si on suit avec intérêt les aventures de la jeune archéologue, nous ne sommes pas passionnés au point de nous précipiter sur le tome suivant. Mais j'en lirai sans doute d'autres. Plus tard.

dimanche 30 octobre 2011

Fortitude - Larry Collins

1944. Les Alliés préparent le débarquement en Normandie. Mais face aux services de renseignement particulièrement efficaces d'Hitler, ils imaginent une vaste et délicate opération d'intoxication ayant pour but de faire croire à l'État Major allemand que le débarquement aura lieu dans le Pas de Calais. Il s'agit de l'opération Fortitude. C'est l'histoire de ces femmes et de ces hommes courageux mais pour certains aussi sacrifiés que Collins a choisi de nous narrer.

J'ai lu fort peu d'ouvrages traitant de la Seconde Guerre Mondiale ou de la Résistance. En principe, le sujet me tente assez peu. Sans doute parce qu'il est trop proche et trop chargé émotionnellement. Trop proche parce que mes parents étaient de jeunes adultes pendant l'occupation. J'ai donc très bien connu des personnes ayant très (trop) bien connu cette époque. Trop chargé émotionnellement parce que la barbarie qui régnait alors sur l'Allemagne a laissé des traces profondes dans nos esprits, en tout cas dans le mien.
Pourtant j'ai tenu à lire ce best-seller (une fois n'est pas coutume) et bien m'en a pris. Certes, ce n'est pas le style de l'écriture qui rendra ce roman inoubliable. Il a un petit côté « exposé » ou « reportage » écrit qui nous empêchera de lui tresser des lauriers littéraires. Cependant, il faut bien reconnaitre qu'il se lit très bien et même avec plaisir. Et même ce côté journalistique renforce l'impression de réalisme d'une histoire qui, ne l'oublions pas, s'inspire, au plus près, de faits réels.
Quoi qu'il en soit, il faut admettre que la peinture des différents protagonistes du récit est particulièrement réussie. Même si l'auteur n'évite pas toujours la caricature. Mais notons tout de même que tous les allemands ne sont pas des monstres ni tous les officiers alliés des saints. Il n'y a guère que les membres de la Gestapo qui sont exactement ce que l'on attend qu'ils soient, mais il serait peu envisageable de ne pas voir chez eux certains penchants au sadisme, ou, à tout le moins, un manque total de scrupules.
Impossible dès lors de ne pas trembler pour tous ces résistants ou agents alliés, contraints, par la force des choses, d'œuvrer au sein de l'ennemi. D'autant que le roman est riche en agents doubles, voire triples. On ne sait plus qui est avec qui. Les patrons des services secrets étant parfois aussi perdus que les autres. Mais ce qui menace le plus ces combattants de l'ombre ce sont ceux qui les emploient, les utilisent, les manipulent pour mieux dire. Les enjeux sont en effet d'une telle importance que certains grands chefs n'hésitent pas à sacrifier certains de leurs agents. Il était tellement vital qu'Hitler cesse de penser que le débarquement aurait lieu en Normandie, que les hommes et les femmes envoyés sur le terrain devaient être eux-mêmes persuadés que ce dernier devait avoir lieu dans le Pas de Calais. Quoi de mieux que d'être convaincu d'une fausse information lorsqu'on est susceptible d'être soumis à la torture ?
On verra comment, par souci d'intoxiquer les allemands, les chefs des services secrets alliés ne reculent devant aucune horreur. Cela fait froid dans le dos. Mais peut-on lutter contre des barbares avec des armes de gentlemen ? That's the question.
Un excellent roman qui nous plonge dans cette période d'horreur avec efficacité. À lire, ne serait-ce que pour ne pas oublier. Une petite piqure de rappel.

samedi 27 août 2011

Le capitaine Alatriste - Arturo Perez-Reverte

Le capitaine Diego Alatriste est un tueur à gages. Enfin, disons qu'il gagne sa vie grâce à son épée. Et capitaine n'est qu'un surnom. Ancien soldat des armées de Philippe IV d'Espagne, il n'a jamais dépassé le grade de sergent. Lorsqu'un jour deux personnages haut placés lui demande coup sur coup, le premier, de tendre un guet-apens à deux gentlemen anglais afin de leur dérober des documents mais sans attenter à leur vie, le second, quelques minutes après, de tuer les deux hommes, Alatriste flaire le coup tordu. Et quand les deux gentlemen se révèlent des personnages très importants, il découvre qu'il a mis le doigt dans une vilaine affaire. Mais il est trop tard.
Bien sûr, ce roman fait immédiatement penser aux Trois mousquetaires de Dumas. D'autant que Perez-Reverte ne cache pas l'admiration qu'il a pour l'auteur français. Il est bien écrit, plaisant à lire mais il soufre d'un défaut majeur lié, il est vrai, à mon expérience personnelle : je l'ai lu après avoir lu les aventures de Benvenuto Gesufal de Jean-Philippe Jaworski (Janua Vera et Gagner la guerre). Bien sûr, Alatriste est antérieur à Gesufal. Le second est peut-être inspiré du premier. Mais je les ai lus dans un ordre inversé, voilà tout. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les aventures de l'ancien soldat de la guerre des Flandres n'atteignent pas, à mon humble avis, la flamboyance des aventures du spadassin de la république de Ciudalia.
La faute sans doute à des personnages stéréotypés et qui ne m'ont jamais vraiment intéressé.
Le capitaine Alatriste est un bon roman, agréable à lire mais loin, très loin des autres productions de l'auteur espagnol. Je ne puis cacher la déception que j'ai ressentie en pensant aux chef-d'œuvres tels que Le tableau de maître flamand ou Le club Dumas (tiens, encore lui !).
À lire donc pour vous faire votre propre opinion. D'autant qu'il est peu épais. Quant à moi, je doute fort d'attaquer un jour la suite. Mais qui sait ?