Affichage des articles dont le libellé est Scalzi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Scalzi. Afficher tous les articles

mardi 26 juillet 2016

Les Enfermés - John Scalzi

Résumé :
Un nouveau virus extrêmement contagieux s'est abattu sur la Terre. Quatre cents millions de morts. Si la plupart des malades, cependant, n'y ont réagi que par des symptômes grippaux dont ils se sont vite remis, un pour cent des victimes ont subi ce qu'il est convenu d'appeler le « syndrome d'Haden » : parfaitement conscients, ils ont perdu tout contrôle de leur organisme ; sans contact avec le monde, prisonniers de leur chair, ils sont devenus des « enfermés ». Vingt-cinq ans plus tard, dans une société reformatée par cette crise décisive, ces enfermés, les « hadens », disposent désormais d'implants cérébraux qui leur permettent de communiquer. Ils peuvent aussi emprunter des androïdes qui accueillent leur conscience, les « cispés », voire se faire temporairement héberger par certains rescapés de la maladie qu'on nomme « intégrateurs »... Haden de son état, Chris Shane est aussi depuis peu agent du FBI. À sa première enquête, sous la houlette de sa coéquipière Leslie Vann, c'est justement sur un intégrateur que se portent les soupçons. S'il était piloté par un haden, retrouver le coupable ne sera pas coton. Et c'est peu dire : derrière une banale affaire de meurtre se profilent des enjeux colossaux, tant financiers que politiques.

Comme quoi le mélange SF et polar peut-être très, mais alors très réussi. Impossible de ne pas penser à Asimov et ses robots enquêteurs. Mais le ton et le cadre sont plus modernes, forcément. Ajoutez à ça une réflexion sur la place des handicapés dans notre société et vous obtenez cette merveille. Et Chris Shane est un personnage des plus attachants.

Très bon.

mardi 17 novembre 2015

Le vieil homme et la guerre - John Scalzi

Résumé
“J’ai fait deux choses le jour de mon soixante-quinzième anniversaire. Je suis allé sur la tombe de ma femme et je me suis engagé.” À soixante-quinze ans, l’âge minimum requis, John Perry n’est pas le seul à intégrer les Forces de défense coloniale, le seul ticket pour les étoiles, mais sans retour. Plus rien ne le retient sur Terre. Combien d’années de vie peut-il encore espérer? En revanche, s’engager, c’est défendre la Terre, protéger l’expansion de l’humanité dans les étoiles, retrouver une seconde jeunesse et, à l’issue du service, obtenir le statut de colon sur une planète nouvelle. Sur Terre, nul ne sait ce qu’il advient de ces recrues à part qu’on leur promet une guerre sans merci contre la myriade d’espèces intelligentes qui se partagent un “ espace vital” interstellaire beaucoup trop étroit. John Perry devient donc soldat. Avec son nouveau statut commencent les révélations, inimaginables.

Dès le début de la lecture, et l'impression dure encore longtemps, nous avons le sentiment d'être en présence d'un clone de Étoiles, garde-à-vous ! (plus connu sous le titre de Starship Troopers) de Robert Heinlein ou de La Guerre Éternelle de Joe Haldeman.
Ici aussi, on commence par  l'enrôlement de recrues terrestres pour aller combattre l'ennemi extra-terrestre, puis on suit leur entraînements, leurs premières missions, leur entrée dans le coeur du conflit.
Rien de bien nouveau sous le soleil, donc, mais quand on aime (et moi j'aime) on ne compte pas. Rien de nouveau sauf que, en l'occurrence, les recrues ne sont plus vraiment de la première jeunesse (d'où le titre). L'âge est même une condition sine qua non pour être engagé. Pour deux années de service (renouvelables), les candidats soldats ont la promesse de retrouver leur jeunesse et de bénéficier, au terme de leur engagement, d'une retraite dorée. Ce qui, au vu de la violence des combats, est loin d'être acquis.
Parce que, et là aussi c'est une constante du genre, les  nouvelles recrues, malgré des avantages physiques, psychologiques et technologiques indéniables, tombent comme des mouches.
Autre chose qui distingue ce roman de ses illustres prédécesseurs, c'est le questionnement que nous livre l'auteur sur l'identité. Qu'est-ce qui fait qu'un individu est lui-même ? Son corps, son esprit, ses souvenirs, son âme ? La réponse n'est pas dans le livre, mais vous y trouverez quelques éléments pour tenter de répondre à la question vous-même.
Les personnages, et en particulier le narrateur, John Perry, qui ne manque pas d'humour,  sont assez attachants.
Le vieil homme et la guerre n'est, à mon avis, sans doute pas le roman du siècle, mais nul doute qu'il vous fera passer un excellent moment, à condition, bien entendu, d'apprécier les romans de guerre intersidérale. 
 

mardi 14 avril 2015

Redshirts - John Scalzi

Quatrième de couverture :
Années 2460. L'enseigne Andrew Dahl vient d'être affecté à bord de l'Intrépide, le prestigieux vaisseau amiral de l'Union universelle. Génial ! Pas tout à fait. Les jeunes recrues de l'équipage ne tardent pas à s'en apercevoir, les sans-grade comme eux ont une fâcheuse propension à trouver une mort spectaculaire au cours des missions d'exploration alors que leurs supérieurs ( le commandant, le premier officier scientifique et l'héroïque lieutenant Kerensky ) s'en tirent toujours à bon compte. Il faut bien l'admettre : les « redshirts » sont éminemment périssables. Compris. S'ils tiennent à survivre en dépit de la couleur de leur tenue, Andrew et ses compagnons sont condamnés à résoudre le mystère et à trouver une parade.

 Ce roman est horrible. Horrible, parce qu'il est impossible (du moins difficile) d'en parler sans dévoiler la part de l'intrigue qui fait tout son intérêt. Mais je vais essayer tout de même. Tout réside, en effet, dans l'explication qui est fournie, au chapitre 9, par Jenkins, l'un des membres d'équipage, sur le nombre invraisemblable des décès violents qui surviennent à ses collègues lors des missions à l'extérieur du vaisseau. Et je ne saurais trop vous conseiller de tenir le coup jusqu'à ce fameux chapitre 9, parce que, si vous êtes comme moi, vous allez être fortement tenté d'abandonner. Le début du roman se distingue en effet par des dialogues particulièrement affligeants. On les dirait écrits par un gamin de douze ans. Et encore, pas très avancé pour son âge. Et ce n'est finalement que parce que l'on tient à comprendre ce qui se passe que l'on tient le coup. En revanche, dès que l'on a connaissance de l'hypothèse donnée par Jenkins, tout s'éclaire d'un jour nouveau et la banalité du début prend tout son sens.
À partir de là, l'histoire prend un tout nouveau départ et voit son intérêt renouvelé. Nous suivons alors un groupe d'équipiers déterminer à comprendre ce qui se passe et à y apporter une solution satisfaisante. S'ensuit un voyage dans le temps doublé d'une course contre la montre provoquée par une théorie fumeuse devenue réalité incontournable. Le tout est traité avec humour et se lit facilement. Le traitement des paradoxes temporels est abordé ici de façon originale, même si Scalzi n'a pas tout à fait inventé le procédé qu'il utilise, mais il a l'honnêteté intellectuelle de citer les autres œuvres qui y ont eu recours (films, séries ou romans).
Après un début difficile mais qui trouve la justification de sa médiocrité par la suite, et qui en devient presque génial (ça n'engage que moi), le roman prend une tournure assez inattendue et finit par nous entraîner vers des rivages quasi inexplorés. Ce n'est probablement pas le roman du siècle mais il m'a fait passer un excellent moment. Ce n'est déjà pas si mal.

Pour finir, sachez que Wikipedia nous apprend que : Un redshirt ou red shirt, littéralement en français chemise rouge, est un archétype de personnage de fiction dont le rôle est de mourir pour souligner le danger d'une scène.
Et le roman a reçu le prix Hugo en 2013. Encore une fois, je suis assez imperméable au prestige conféré par les prix, littéraires ou autres, mais il me semblait important de le signaler. Voilà, c'est fait.