vendredi 9 août 2019

Les nuages de Magellan - Estelle Faye

Résumé :

27ème siècle. L’Humanité s’est étendue à toute la Voie Lactée. La nouvelle frontière, ce sont désormais les Nuages de Magellan, mais les Compagnies ont fini par renoncer à tout projet de colonisation, préférant les affaires aux rêves d’exploration spatiale. Deux siècles auparavant, l’humanité a pourtant maîtrisé l’énergie sombre, une ressource quasi illimitée, mettant ainsi fin aux guerres pour les énergies fossiles. Ont suivi plusieurs siècles de liberté, d’exploration, d’avancées… Puis, insidieusement, de nouveaux jeux de pouvoir et d’influence se sont mis en place, conduisant à la multiplication des hors-la-loi. Depuis, un mythe court la galaxie : des pirates auraient créé sur Carabe, une planète perdue, une république idéale, hors d’atteinte du pouvoir des Compagnies. Dans l’un des derniers postes frontières avant les Nuages, Dan, une jeune serveuse idéaliste, chante du blues dans un bar pseudo texan tout en rêvant d’aventures stellaires. Elle est fascinée par Mary, une cliente taciturne dont on dit qu’elle serait peut-être une ex-pirate…

Les Nuages de Magellan n’ont pas dit leur dernier mot !

Space opera bien sympathique et très agréable à lire mais qui ne s'élève jamais au niveau de ce que le genre a produit de meilleur. La vraie grande originalité du roman réside dans le couple de héros qui sont des... héroïnes. Alors, d'accord, ça fait du bien de s'éloigner des stéréotypes des spationautes bourrés de testostérone mais ça ne suffit hélas pas à faire un livre exceptionnel.
Les deux personnages principaux sont certes assez attachants mais je pense qu'ils auraient mérités d'être encore plus creusés. Quant aux personnages secondaires, ma foi, ils sont quasi inconsistants. L'histoire n'a rien de bien palpitant ni de bien original. Le monde dans lequel tout ce beau monde évolue est lui aussi insuffisamment développé. Maintenant il est vrai que le roman est court, ce qui en soi est, ou peut être une qualité, mais qui empêche évidemment tout développement un peu poussé.
En bref, une lecture loin d'être ennuyeuse mais qui manque cruellement de souffle.

Bon

mardi 6 août 2019

La Maison du Péril - Agatha Christie

Résumé :

Un lourd tableau qui se décroche à la tête d'un lit. Un rocher qui dévale une falaise et s'écrase sur le sentier.
Les freins d'une voiture qui lâchent dans une descente... Et pour finir, une balle perdue qui vient se loger dans un chapeau !
Pour Hercule Poirot, en villégiature sur la cote sud de l'Angleterre, il n'y a guère de doute : on en veut à la vie de la ravissante Miss Buckley, héritière d'une villa délabrée du voisinage. Même si l'intéressée ouvre de grands yeux, se demandant qui peut bien lui en vouloir.
L'assassinat de sa cousine, qu'on a manifestement confondue avec elle, obligera Miss Buckley à prendre au sérieux les craintes du détective. Lequel n'aura de cesse de démasquer le coupable. Mais seule une très savante mise en scène lui permettra d'y parvenir. Et la surprise sera de taille...

— Voilà ce qui est tombé sur la terrasse, il y a un instant, lorsque nous parlions. Une balle perdue !
— Hein ?
— Deux centimètres de plus et la tête aurait été percée du même trou que le feutre ; vous comprenez maintenant, je suppose, l’intérêt que je porte à cette jeune fille et à son chapeau ?
« Avouons que ce préposé au crime ne manque pas d’audace en visant sa victime à quinze mètres d’Hercule Poirot ! Ce défi ne lui portera pas chance. Maintenant, entrons à «La Maison du Péril» et entretenons-nous avec Miss Nick. Le plus tôt sera le mieux, Hastings. N’a-t-elle pas dit qu’en trois jours elle avait trois fois échappé à la mort ? Le danger est proche.

C'est la troisième fois que j'entreprends la lecture des œuvres de la Reine du polar britannique. J'avais découvert cette fameuse et fabuleuse collection de romans et nouvelles adolescent et j'avais alors lu déjà bon nombre des titres. Quelques vingt ans plus tard, je me lançais à nouveau à l'aventure. Et c'est presque vingt ans après, une nouvelle fois, que je me replonge dans les enquêtes d'Hercule Poirot (essentiellement). Serais-je encore de ce monde pour prendre plaisir à voir s'agiter les petites cellules grises du détective belge dans vingt autres années ? Je me le souhaite.
Pour l'anecdote, si j'ai commencé cette fois par La Maison du Péril, c'est que je louais une chambre d'hôtes dans une splendide demeure à Dinard qui surplombait la mer. Tout comme dans le roman, ameublement et décoration inclus. J'étais dedans.
La première chose qui me frappait, à peine commencé la lecture, ce fut la nature des personnages. Tous, ou peu s'en faut, sont des jeunes gens et jeunes femmes de la haute société, oisifs, cela va sans dire et qui passent leur journée à boire des verres à la terrasse des palaces, jouer au tennis ou au golf, bronzer au soleil, donner des fêtes, toutes activités qui, on l'admettra volontiers sont plutôt pénibles. Bon, ce n'était pas une découverte, bien sûr. Je sais bien qu'Agatha Christie n'a mis essentiellement en scène que des gens de cette catégorie sociale. Mais voilà, ce coup-ci, ça m'a agacé. Un peu. Pas trop. Après tout, l'étude de cette partie de la population n'a pas moins d'intérêt que celle des ouvriers dont s'est occupé en son temps un certain Émile Zola, pour ne citer que lui.
Mais je m'égare. Les personnages m'agacent, d'accord, mais il n'en reste pas moins vrai que l'enquête que mène Hercule Poirot est passionnante à souhait. Comme souvent, mais c'est ce qui fait le charme des récits d'Agatha Christie, le nombre des suspects est limité et les soupçons se portent sur chacun d'entre eux. Nous sommes en terrain connu. Et on cherche, aidé par les indices que dévoile notre fameux détective, l'identité du coupable. J'ai une triste habitude, c'est celle d'oublier très vite ce que je lis. Autant dire que dans ce cas précis, cela devient une bénédiction car je n'ai pas la moindre idée de la vérité.
Un très bon Poirot que je vous invite à déguster.

Très bon

Hypothermie - Arnaldur Indridason

Résumé :

Un soir d'automne. Maria est retrouvée pendue dans son chalet d'été sur les bords du lac de Thingvellir. Après autopsie, la police conclut à un suicide. 

Quelques jours plus tard, Erlendur reçoit la visite d'une amie de cette femme qui lui affirme que ce n'était pas "le genre" de Maria de se suicider et qui lui remet une cassette contenant l'enregistrement d'une séance chez un médium que Maria était allée consulter pour entrer en contact dans l'au-delà avec sa mère. 
Celle-ci lui avait promis de lui envoyer un signe. Au pays du fantastique et des fantômes, aussi dubitatif que réticent, le commissaire Erlendur, troublé par l'audition de la cassette, se sent obligé de reprendre l'enquête à l'insu de tous. 
Il découvre que l'époux de Maria n'est pas aussi fiable qu'il en a l'air et ses investigations sur l'enfance de la suicidée, ses relations avec une mère étouffante vont le mener sur des voies inattendues semées de secrets et de douleur. 
Obsédé par le deuil et la disparition, harcelé par les frustrations de ses enfants, sceptique devant les croyances islandaises, bourru au cœur tendre, le commissaire Erlendur poursuit sa recherche sur lui-même et rafle tous les suffrages des lecteurs.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que cet épisode des aventures du commissaire Erlendur est plutôt atypique. Qu'on en juge. Il s'intéresse cette fois-ci à un suicide. Ce qui n'est a priori pas du ressort de la police. Et il s'agit d'un "vrai" suicide. Erlendur lui-même en est convaincu, d'autant plus qu'aucun indice ne vient étayer la thèse d'un meurtre maquillé en suicide. Oui mais voilà, en bon flic au flair exacerbé, il renifle comme une odeur familière qui le pousse à enquêter. Et il a d'autant plus de facilité à se permettre ce genre de liberté, qu'il a beaucoup de temps libre, précisément. Les tueurs sont en R.T.T. apparemment. L'Islande est décidément un bien singulier pays. Il faut dire qu'avec une population d'environ 350 000 habitants (en gros comme la ville de Nice), on peut imaginer qu'il n'y a pas tant d'homicides que ça.
Et parce que décidément il s'ennuie un peu, visiblement, Erlendur enquête également sur de vieilles affaires non élucidées. Et il en profite aussi pour régler quelques problèmes familiaux. En bref, il est en roues libres. Cela nous donne un roman curieux, il faut bien l'avouer. Rien de passionnant, encore que les découvertes que fait le commissaire sur le passé de Maria, la suicidée, ne manquent pas d'intérêt, mais l'ensemble se laisse lire sans ennui.
Loin de valoir les précédents romans, cet opus nous donne l'occasion de suivre, avec plaisir, les tribulations d'un flic bien attachant.

Bon

dimanche 19 mai 2019

Les Jardins de la Lune - Steven Erikson

Le Livre des Martyrs, Tome 1
Résumé :

Saigné à blanc par des luttes intestines, d’interminables guerres et plusieurs confrontations sanglantes avec le Seigneur Anomander Rake et ses Tistes Andii, le tentaculaire Empire Malazéen frémit de mécontentement.

Les légions impériales elles-mêmes aspirent à un peu de répit. Pour le sergent Mésangeai et ses Brûleurs de Ponts, ainsi que pour Loquevoile, seule sorcière survivante de la 2e Légion, les contrecoups du siège de Pale auraient dû représenter un temps de deuil. Mais Darujhistan, la dernière des Cités Libres de Genabackis, tient encore et toujours bon et l’ambition de l’Impératrice Laseen ne connaît aucune limite.

Cependant, il semble que l’Empire ne soit pas la seule puissance impliquée. De sinistres forces sont à l’oeuvre dans l’ombre, tandis que les dieux eux-mêmes se préparent à abattre leurs cartes...

Pour sacrifier à la tradition, je commencerai cette chronique par une mise en garde, qui se fait l'écho de toutes celles que vous pourrez trouver sur le net. Ce Livre des Martyrs (publié naguère sous le titre Livre Malazéen des Glorieux Défunts), n'est pas d'un abord facile. De l'aveu même de son auteur, ce qui a présidé en priorité à la conception de cette oeuvre c'est l'ambition. Et qui dit auteur ambitieux dit lecteur ambitieux. Disons le tout net, pour lire cette saga, il faut s'accrocher. Et s'accrocher ferme. On est loin ici d'un David Gemmell ou d'un David Eddings. Je respecte profondément l'excellent travail de ces deux grands auteurs, mais il faut reconnaître qu'ils ne sont pas réputés pour leur difficulté à les lire.
Ce qui rend si difficile l'approche du Livre des Martyrs c'est, paradoxalement, ce qui fait sa qualité première : la richesse. Cette série est tout simplement d'une richesse exceptionnelle. Il y a énormément de personnages de premier plan, énormément de peuples à découvrir, ainsi que de cultures, de traditions. Énormément de lieux (il s'agit d'un Empire après tout), de magie, de dieux, d'Histoire (oui, avec un grand H). Comme l'auteur nous plonge là dedans comme un maître-nageur sadique plongerait un enfant ne sachant pas nager dans le grand bain, imaginez les sensations. C'est exaltant autant que terrifiant.
Pour en revenir, par exemple, aux personnages, ceux-ci sont, dans ce premier tome, une bonne vingtaine. Et attention, je parle d'une bonne vingtaine dont l'importance varie entre primordiale et majeure. J’exagère à peine, voire pas du tout. Notez que ceux qui ont survécu à la lecture du génialissime Trône de Fer devraient avoir un gros avantage sur les autres. Parce que, là aussi, en terme de personnages centraux... Mais en fait même pas, ce serait trop simple. Chez Erikson, on n'a pas le temps de s'approprier un personnage que déjà, on passe à un autre. Alors du coup, forcément, irrévocablement, on finit par s'emmêler les pinceaux. 
Heureusement toutefois, la plupart de ces personnages appartiennent à des groupes distincts dont on va suivre les aventures ce qui rend l'identification un poil plus facile. De plus, certains d'entre eux vont davantage marquer nos mémoires de par leur nom, leur fonction, leur grade, leur apparence physique, etc., voire un peu de tout ça. Le sergent Mésengeai, le capitaine Paran, le haut-poing Dujek Unbras, l'Adjointe Lorn, Loquevoile, Mes Regrets, Crokus, Toc le Jeune, qui est borgne, Kruppe, qui a de l'embonpoint, et j'en passe. Et pour finir, pour ceux qui décrocherait quand même, il y a un glossaire en fin de volume avec tous les personnages, les lieux, les titres, les groupes, les peuples, les garennes (éléments de première importance du système de magie). Ne surtout pas hésiter à s'y référer, et souvent.
À côté de ça, le talent de conteur de Steven Erikson est tellement grand, qu'on peut suivre avec un réel plaisir les aventures des uns et des autres sans y comprendre tout. Voire sans y comprendre grand chose. D'ailleurs les personnages eux-mêmes ne comprennent pas tout ce qui se passe. Mais avec un peu de patience, on découvre que tout ce qui pouvait paraître obscur devient soudain lumineux. Enfin pas loin.

D'aucuns disent que beaucoup de personnages sont froids et par conséquent, peu attachants. Je ne suis pas si sûr de partager cette opinion. Certes, Erikson ne fait rien pour créer une véritable proximité entre nous et les protagonistes du roman. Malgré tout, je suis parvenu à m'attacher à bon nombre d'entre eux. Une chose importante à noter c'est que la quasi totalité des personnages n'a rien de détestable. Ici, pas de réels vilains dont on se surprend à souhaiter la mort dans d'atroces souffrances. Je ne dis pas qu'ils sont tous gentils et qu'on est dans un monde de bisounours, pas du tout. Nous ne sommes tout simplement pas dans un monde manichéen ou tout est soit blanc soit noir. Tout est plutôt en nuances de gris. Bon, gris clair si vous voulez, mais gris quand même. Après tout, connaissons-nous vraiment des individus à l'âme d'une noirceur absolue ? J'en doute.

Même si l'exercice ne présente qu'un intérêt limité, il peut être tentant de faire un parallèle entre Le Livre des Martyrs et Le Trône de Fer. Ne serait-ce que parce qu'il s'agit de deux monuments de la fantasy, voire de la dark fantasy. Ajoutons-y Le Seigneur des Anneaux, et nous avons, me semble-t-il, le tiercé gagnant. Alors bon, nous sommes dans chaque cas soit dans un immense royaume soit dans un empire. Il y a des batailles, des complots. Même des dragons. Mais en dehors de ça, les deux œuvres sont fondamentalement différentes. Parlons de ce qui distingue Le Livre des Martyrs du Trône de Fer. Ici, il est assez peu fait mention des grandes familles nobles, voire quasiment pas. Les personnages centraux sont plutôt d'extraction assez modeste. Ce sont des soldats, des mages, des voleurs, des assassins (professionnels)... On est baignés à certains moments dans des intrigues politiques, mais sans excès. La magie est ici très, mais alors très, très importante. Primordiale. Originale aussi, à tel point qu'on ne comprend pas toujours bien comment ça marche en dehors du fait que les mages utilisent des "garennes", espèces de labyrinthes situés dans une autre dimension et qui servent aussi à se déplacer plus rapidement et plus discrètement. Même si c'est parfois plus dangereusement. Il y a d'autres différences mais je n'entrerai pas plus dans les détails. Une chose est sûre cependant, une adaptation en série TV aussi réussie que celle du Trône de Fer donnerait probablement lieu à une oeuvre audiovisuelle exceptionnelle. On peut rêver.

Du côté des parallèles qu'on peut être amenés à faire, j'ajouterais juste, outre Le Trône de Fer des oeuvres comme : La Compagnie Noire de Glenn Cook, Les Princes d'Ambre de Roger Zelazny, voire Le Cycle d'Elric de Michael Moorcock, excusez du peu.

Seul petit bémol dans ce discours dithyrambique, l'origine ludique du roman est parfois assez (trop ?) évidente. L'empire Malazéen est en effet au départ un univers de jeu de rôles. Et ça se sent. Du moins est-ce l'impression que cela m'a fait. Le nombre impressionnant de protagonistes, qui sont autant de personnages joueurs ou non joueurs et qui surgissent au milieu des scènes comme invoqués par un Maître de Jeu, fait parfois un peu artificiel. Mais on pardonne à l'auteur tellement tout ça participe à renforcer l'aspect dramatique de l'histoire.

Bon, vous l'avez compris, ce premier tome m'a juste emballé, scotché, embarqué, enflammé, enthousiasmé... Je vous fais grâce de tous les synonymes. Moi qui suis ce qu'on appelle, en bon français, plutôt un easy reader, je n'ai pas éprouvé les difficultés que je craignais en abordant cet ouvrage. Bien sûr, tout n'est pas limpide au premier abord, loin de là, mais le plaisir de lecture est total. Petits conseils : lire avec un maximum de concentration, ne jamais hésiter à consulter le glossaire, c'est important, ne pas se braquer dès que quelque chose nous échappe, car soit nous comprendrons plus tard, soit la compréhension n'est pas indispensable. Enfin, laissez vous porter par l'histoire.

À l'heure où j'écris ces lignes, trois tomes sont sortis. Les Jardins de la Lune, Les Portes de la Maison des Morts et Les Souvenirs de la Glace. Au rythme d'une parution tous les six mois, il reste encore quelque chose comme trois ans et demi pour avoir la totalité de la décalogie en français. Si tout se passe bien. Sachant comme il n'est (quand même) déjà pas simple de lire l'oeuvre dans sa traduction française, loin de moi l'idée de tenter l'expérience dans la langue originale. Tant pis, il va falloir s'armer de patience. Et prier pour ne pas avoir oublié tout ce qu'on a lu d'un semestre à l'autre.

Excellent. Coup de cœur.

mardi 14 mai 2019

Jusqu'au cœur du soleil - David Brin

Cycle de l'élévation - Tome 1
Résumé :
En s'aventurant au-delà du système solaire, les Terriens ont établi le Contact avec une civilisation galactique vieille d'un milliard d'années, composée de milliers d'espèces intelligentes et basée sur le principe d'Élévation : les races aînées ont le devoir de guider les espèces plus primitives vers le stade de la pleine sapience. Mais les humains font figure d'exception à cette grande tradition. Sans aînés connus, ils prétendent avoir atteint l'intelligence eux-mêmes au cours de leur évolution, et ils ont déjà élevés à la conscience les dauphins et les chimpanzés. Résolus à faire leurs preuves auprès des Galactiques, les Terriens mènent le projet Sundiver, qui envoie des missions d'exploration à proximité de notre soleil. Leurs découvertes, notamment celle de l'existence des formes de vie inconnues dans les archives de la Bibliothèque galactique, risquent cependant de mettre le feu aux poudres. Sous l'égide de Jacob Demwa, ancien détective scientifique, l'équipe Sundiver se voit mêlée aux intrigues des puissantes races aînées, à l'affût du moindre prétexte pour remettre ces parvenus de la Terre à leur place... Premier volume du Cycle de l'Élévation, Jusqu'au cœur du soleil est un roman de science-fiction haletant, où suspense, rigueur scientifique et réflexion se côtoient.

Encore une fameuse série de science-fiction à la solide réputation que je n'avais pas encore lue. Décidément, j'ai beau lire de la SF depuis plus de quarante ans, je fais encore des découvertes, et c'est tant mieux. 
J'avoue que j'ai beaucoup aimé ce premier tome qui n'est pas, au dire de certains fans, le meilleur du cycle. Ça promet alors. J'y ai trouvé tout ce que j'aime dans un ouvrage du genre. Des personnages divers et variés, bien dessinés, une histoire intrigante juste ce qu'il faut pour vouloir en connaître l'issue, des péripéties captivantes et pas trop, trop de jargon scientifique indigeste.
Le tout verse, plus ou moins, dans le space opera. Mais un space opera light. Intimiste. En quasi huis-clos. Au contraire des grandes épopées à la Star Wars, on a affaire ici à une douzaine de personnages. Et parmi eux, quelques spécimens d'extraterrestres plutôt exotiques, tant par leurs apparences que par leurs façons de penser. C'est d'ailleurs l'un des premiers intérêts du roman, cette galerie d'aliens improbables et souvent drôles. Quoique. D'un autre côté, l'intrigue principale a tout d'une enquête policière. On se croirait parfois dans un Agatha Christie avec Jacob Demwa, le personnage principal, dans le rôle d'Hercule Poirot.
Voilà un premier tome très agréable à lire, prometteur, et qui m'incite à poursuivre ma lecture du cycle.

Très bon